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Il faut remarquer que ces deux problèmes sont liés puisqu'il existe théoriquement une relation presque mécanique entre taux de change et d'intérêt. A considérer que le taux d'intérêt est le prix de la détention de monnaie et que le taux de change est le prix de la monnaie domestique en monnaie étrangère, alors, si les taux d'intérêt et le niveau des prix étrangers restent constants, une hausse des taux d'intérêt domestiques entraînera un renchérissement de la monnaie qui se traduira par une appréciation du taux de change. Mais dans les faits, le taux de change est beaucoup plus volatile et est déterminé par de nombreux paramètres. Ainsi la faiblesse actuelle du dollar, si elle est confortée par des taux d'intérêts maintenus bas en raison d'une croissance ralentie, s'explique principalement par l'énorme déficit extérieur des USA (6,5 % du PIB américain, i.e à peu près 2 % du PIB mondial). Pour combler ce déficit, les USA doivent exporter à tout prix, leur offre est beaucoup plus forte que la demande, et la valeur du dollar baisse donc par rapport aux autres monnaies mondiales puisque nous sommes dans un système de taux de change flexibles. Il y a donc une dimension mécanique et irrémédiable à cette baisse. Pour beaucoup d'économistes, la question pertinente est même plutôt : pourquoi le dollar est il encore si haut ? Pour la zone Euro, cette baisse du dollar n'est pas sans avantages : elle réduit le prix des importations (ce qui permet de moins ressentir la hausse continue du prix des matières premières), force les entreprises à devenir plus innovantes pour conserver leur part de marché, et confirme surtout l'envergure internationale de l'euro. Mais l'inconvénient majeur est que l'appréciation de l'euro freine les exportations vers les USA. Même si la part des exportations vers les USA est assez faible (15 % de la part totale des exportations de la Zone euro, soit à peine 3 % du PIB de la Zone), le problème est réel à long terme. Bien que la BCE soit indépendante du pouvoir exécutif, cette question est bien politique et doit être débattue par les membres de la zone euro afin d'évaluer les dangers potentiels et la meilleure attitude à adopter. D'autant plus que la BCE peut freiner l'appréciation de la monnaie sans augmenter son taux d'intérêt, et donc sans déroger à son objectif de stabilité des prix pour laquelle elle est mandatée. Pour cela elle peut intervenir sur le marché des changes, en achetant des dollars et en vendant des euros, ce qui augmente le prix du dollar. Si elle ne règle pas définitivement le problème, cette solution permettra néanmoins de gérer de manière raisonnable et palliative la dépréciation inexorable du dollar.
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