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Ayaan Hirsi Ali vit aujourd'hui aux États-Unis. Aux Pays-Bas, elle avait reçu plusieurs menaces de mort, et avait failli être déchue de sa nationalité néerlandaise. Le Gouvernement a été renversé l'été dernier à cause de cette affaire. Des débats publics, des ouvrages et des articles critiques ont surgi depuis. Ils tentent tous de comprendre sa brève mais tumultueuse carrière politique.
Fuite et critique Elle est née en 1969 en Somalie. Son père était le leader d'un mouvement rebelle anti-communiste. Sa famille a vécu en exil en Arabie Saoudite, en Éthiopie et au Kenya. Après un mariage forcé à 23 ans, elle était censée suivre son mari au Canada. Mais lors d'une halte en Allemagne, elle décida de fuir. Elle prit un train pour les Pays-Bas, où lui fut accordé l'asile politique. Elle modifia son nom, sa date de naissance et cacha son histoire. Elle travailla comme traductrice, femme de ménage, apprit le néerlandais, étudia les sciences politiques, et devint chercheur avant de se consacrer elle-même à la politique. Son travail dans des foyers de femmes immigrées et les attaques du 11 septembre ont fait changer son attitude envers l'islam. Musulmane convaincue, elle en est devenue la plus féroce critique. Depuis, elle poursuit ses missions : émanciper les femmes musulmanes, faire prendre conscience des tensions entre culture musulmane et Droits de l'homme, limiter l'immigration et améliorer l'intégration. Elle vise à ouvrir les yeux des défenseurs du multiculturalisme, qu'elle juge extrêmement naïfs. Elle qualifie l'islam de « religion arriérée » et a publiquement insulté le Prophète. Elle a également préconisé la fermeture des 41 écoles islamiques des Pays-Bas, afin d'améliorer l'intégration. De plus, son nom sera pour toujours associé à la mort cruelle de Theo Van Gogh. C'est le court-métrage qu'ils ont réalisé ensemble qui a entraîné son assassinat le 2 novembre 2004. Submission I critique violemment la place de la femme dans l'islam. Le meurtrier, un islamiste de 26 ans, né néerlandais de parents marocains, épingla sur la poitrine du réalisateur une lettre menaçante de cinq pages : « Ayaan Hirsi Ali, l'islam va te réduire en miettes ». L'effet Ayaan ? Certains veulent sa mort. D'autres l'admirent, ou sont en profond désaccord avec sa stratégie, dont ils soulignent les effets pervers. Ils la tiennent pour responsable de la montée de la radicalisation et des tensions, l'accusant de ne pas tenir compte de l'hétérogénéité de la communauté musulmane. La plupart des spécialistes s'accordent à dire que « l'effet Ayaan » n'a pas encore fait ses preuves. Peut-être a-t-elle soulevé une nouvelle vague féministe, ainsi qu'elle aime à le croire. Quoiqu'il en soit, elle aura ouvert le débat.
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