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Après des années de guerres et de famines en Afrique, un autre fléau vient s'ajouter, l'immigration clandestine. Les dangereuses méthodes utilisées pour quitter ce pays sont le reflet d'un désespoir grandissant qui pousse certains jusqu'à l'inconscience. Le 16 décembre dernier, on comptait un naufrage de plus sur les côtes sénégalaises. Bilan : une centaine de morts et 25 rescapés. Une embarcation de fortune tentait de rejoindre les îles Canaries.
Immigration clandestine et hémophilie Il y a moins d'un an, les télévisions du monde entier diffusaient déjà des images de tortures et de morts à la frontière entre l'Espagne et le Maroc. On se souvient également des barrières de fils barbelés de Mellila et de Ceuta, traduisant le malheur d'Africains prêts à tout pour rejoindre une Europe aux accents d'eldorado. Un récent rapport des Nations-Unies sur l'immigration faisait état d'au moins 20 000 expatriés qualifiés quittant chaque année l'Afrique depuis 1990. Une fuite des cerveaux qui fait de l'ombre à une Afrique sous-développée. Frédéric Nienga, historien à l'ENS, résume la situation en mettant en cause un « État responsable [...]. Il faut, dit-il, mettre en Afrique des structures de production qui retiendraient les jeunes chez eux ». Eric Nzale, diplômé de langues étrangères, pense que « l'enseignement supérieur est un déchet et que le manque de matériels dans les labos de la Fac de Sciences peut justifier cette fuite ». Si les Africains veulent quitter le pays, c'est aussi à cause de dysfonctionnements internes. Oumar Mfochivé, en Sciences de la Terre, parle d'une « méritocratie dans les concours officiels où la corruption a fait son lit ». Rachel Amagne, en Commerce et distribution, ajoute que « l'État doit encourager les initiatives des jeunes qui montent des projets ». Que fait l'Europe ? Si le phénomène d'immigration clandestine est en pleine effervescence, c'est en partie dû aux pays de l'UE qui durcissent les procédures pour rallier le Vieux continent. Les portes de l'Europe sont fermées aux candidats clandestins. La fermeté des politiques sur le sujet s'avère peu efficace. Alors que l'Espagne aide le Maroc à dresser des murs, la France signe des accords de rapatriement avec des pays tels que le Sénégal. Une « immigration choisie » prônée par un Sarkozy qui refuse de traiter le problème à la base. Depuis quelques mois au Cameroun, un numéro de téléphone spécial a été attribué par l'ambassade de France pour obtenir des visas, ce qui a fait disparaître les longues files d'attente. Barthélemy Edoa II, professeur de Philosophie à l'université de Yaoundé I, précise qu' « il faut faciliter les conditions d'acquisition des visas. Au lieu de résoudre le problème de sous-emploi, on gaspille notre temps à faire des conférences et des sommets ». Les États africains auraient-ils négligé l'encadrement et le soutien de leur jeunesse ?
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