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GRECE | Le gouvernement grec renaîtra-t-il de ses cendres ?

01/10/07 | Dimitri Dimitriadis

Des sous-bois aux arcades du parlement,le feu a embrasé le pays d’Homère. Les incendies dévastateurs qui ont secoué le pays en août dernier ont chamboulé la donne politique en pleines législatives.

Exode rural après les incendies en Grèce
Rekyua
Rennes France

Des citoyens indignés, mais des citoyens quand même. Les Grecs ont été appelés aux urnes alors que les dernières flammes s'éteignaient au Péloponnèse et à l'île d'Eubée. Le pays a affronté la plus grande catastrophe naturelle de son histoire, doublée d'une crise politique, à la veille des élections législatives du 16 septembre dernier. Des dizaines de brasiers surgissant de partout, 65 morts, 20 000 personnes sinistrées, 200 000 hectares de terrains agricoles ou forestiers dévastés. On estime que plus de 4,5 millions d'oliviers ont brûlé au Péloponnèse, une région qui fournit 30% de la production d'huile d'olive nationale.

Avec une économie fondée sur l'agriculture et l'élevage, une forte migration vers la capitale est à craindre. Quelles solutions pour ces cultivateurs locaux, dont la production agricole a été réduite de moitié lors des incendies ? La critique s'est tout de même portée sur le gouvernement grec, à propos de la gestion bancale de la crise. Outre les résultats des sondages politiques très inquiétants pour les deux principaux partis, le rassemblement anonyme du 29 août souligne l'indignation montante des Grecs.

De tous âges, les Grecs endeuillés se sont réunis devant l'Assemblée nationale, sans revendications politiques ni organisateurs, le drapeau grec en berne. Juste une protestation muette contre l'attentisme du premier ministre, Costas Caramanlis. Les incendies ont influencé la campagne électorale de tous les partis politiques. Et leurs programmes d'être soudain remplacés par diverses propositions inhérentes à la reconstruction des régions affectées. Le ras-le-bol des Grecs, dépossédés et abandonnés, a poussé les électeurs à voter massivement pour les extrêmes. Ainsi, le LAOS, un parti ultraconservateur et ultranationaliste, obtient plus des 3% nécessaires à l'entrée au Parlement. Finalement, la majorité parlementaire très médiocre du Premier ministre Costas Caramanlis sera-t-elle suffisante pour réaliser les réformes annoncées ? Car il semblerait que la crédibilité du gouvernement ait brûlé avec les pins et les oliviers du Péloponnèse...

Dimitri Dimitriadis
Athens, Grèce


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