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La nouvelle vient du journal Le Monde dans son édition du 18 janvier. En effet, dans un arrêt daté du 10 janvier, la plus haute juridiction française a condamné les méthodes bien particulières de l'Ecole nationale d'administration. Autant dire que ça chauffe entre les fleurons de la République. L'affaire démarre lorsque 75 des 135 élèves de la promotion « Sédar-Senghor » dépose un recours en 2004. Les mutins contestent le déroulement de l'examen de fin d'études. Et il y a de quoi ! L'ENA est par exemple tenue de distinguer les fonctions d'enseignement et d'évaluation pour éviter tout favoritisme. Or était membre du jury un professeur de l'école pour l'épreuve de « questions européennes ». Pas facile de défendre son bout de gras face à un jury difficilement neutre et objectif. Mais un étudiant normalement constitué est rodé aux petites entourloupes à la règle... Et puis ce n'est pas comme si on favorisait de manière ostentatoire un groupe d'étudiants. Auquel cas le suppositoire serait un poil trop gros. Et pourtant... L'ENA n'y est pas allé avec le dos de la cuillère dans le choix des sujets des épreuves de « gestion publique ». Le Conseil d'État a jugé que l'école avait fait preuve d'un favoritisme pour le moins voyant. Un groupe d'élèves avait déjà travaillé sur le thème examiné avant l'épreuve. Pendant un mois, ils ont planché sur la décentralisation au sein du ministère de l'Equipement. Ils avaient même rencontré un des directeurs de l'administration centrale. Lequel s'est retrouvé bien fortuitement président du jury de « gestion publique » à l'examen final ! Décidément, les voies de l'ENA sont impénétrables. Le Conseil d'État a déclaré que cette bourde était « de nature à procurer un avantage [à ces] élèves ». Tiens donc ? Le directeur de l'école, Antoine Durrleman, évoque les « difficultés de communication [qui sont] à l'origine de ces problèmes », et explique que « ces erreurs matérielles s'expliquent en grande partie par la bilocalisation de l'école, entre Paris et Strasbourg ». Sous couvert d'anonymat, un ancien membre de la promotion Senghor confesse : « Nous avions, à l'époque, rendu compte systématiquement à la direction des anomalies. Celle-ci ne nous a jamais écoutés. » Etonnant, non ? Espérons que ces futurs hauts cadres de l'administration conserveront leur sens de l'équité.
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