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En mai dernier, la revue satirique El Jueves commémorait ses trente ans d'activisme et de "bousculage" des consciences. Avec près de 322 000 exemplaires vendus en moyenne par mois, c'est aujourd'hui l'une des revues les plus lues d'Espagne. Le vendredi 20 juillet 2007, le juge Del Olmo "exige" la saisie du numéro 1573 de l'hebdomadaire, dont la couverture affiche une caricature du Prince des Asturies et de sa femme dans une position compromettante. En titre, un commentaire faisant référence aux 2 500 euros par enfant promis aux nouveaux parents par le gouvernement Zapatero. Immédiatement, les médias espagnols dénoncent la décision en criant à la censure, et nous, les Espagnols, n'avons qu'une idée en tête : voir cette illustration ! La totalité des exemplaires a dû être retirée des kiosques dans la journée, mais on pouvait encore les trouver dans de nombreux établissements jusqu'au soir. Il n'est pas étonnant non plus que la rumeur ait rapidement circulé, et que le dessin, bien qu'interdit sur Internet dès le lendemain matin, ait poursuivit son chemin sur la toile par l'intermédiaire de blogs et autres forums de discussion. Ce que tout le monde ne sait pas c'est que, si la Constitution espagnole interdit la censure d'une œuvre avant sa publication, elle autorise sa saisie a posteriori si un juge décide qu'elle porte atteinte aux droits fondamentaux. Ici, nous avons donc à faire à une interdiction, et non à une censure. Dans notre cas, l'interdiction entraîne pour l'auteur de la revue une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement pour injures à la Couronne. Face à cet événement, l'ensemble des rédactions espagnoles s'interroge. Cette saisie est-elle légale ? Allons-nous permettre cela ? À quelques exceptions près, tel le journal ABC, tous l'ont dénoncée. Suivant l'effet boule de neige, l'opinion publique s'est également emparée de la polémique pour s'opposer à son tour à la censure. Dans le même registre, on peut rappeler ici le cas de Ryanair qui avait utilisé l'image de Zapatero pour promouvoir ses services durant une journée. Juste le temps pour l'annonceur de soulever la polémique et de faire en sorte que son message circule à travers les médias... Il faudrait alors aujourd'hui enfreindre la loi pour développer son impact publicitaire ! Ainsi, voué à l'interdiction, ce numéro de l'hebdomadaire espagnol - tout comme les suivants - a atteint un nombre de ventes disproportionné ! Bien qu'étant l'une des revues les plus lues en Espagne, El Jueves avait connu une baisse de ses ventes depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement socialiste ; cette tendance s'est inversée depuis cet été... traduction Antoine Parrot
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