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En mai 2007, Abdullah Gül est subitement projeté au premier plan de la scène internationale turque : il sera le onzième président, tel en a décidé le premier ministre Tayip Recep Erdogan, son "frère" politique. Pas de philanthropie inutile, Erdogan ne fait que placer ses pions. Devant le tollé général engendré par sa possible candidature au poste de président, Erdogan propose naturellement aux députés d'élire son bras droit. En Turquie, le chef de l'État dispose principalement de prérogatives honorifiques, mais il peut mettre son véto aux nominations des hauts responsables. En deux tours, le parlement turc se prononce en faveur de Gül, mais trop timidement. La situation est bloquée. Erdogan décide donc de dissoudre l'assemblée. La troisième fois sera la bonne. Après une brillante carrière d'économiste, Abdullah Gül fait ses premières classes politiques aux côtés d'Erdogan. C'est ensemble qu'ils fondent en 2001 L'AKP (Parti pour la justice et le développement). En mars 2003, Erdogan devient Premier ministre. C'est pourtant Gûl qui assumera ses fonctions, Erdogan étant sous le coup d'une inégibilité pour propos intégristes. Gûl deviendra ensuite son ministre des Affaires étrangères. La présidence de Gül ne s'annonce pas de tout repos. Au premier rang de ses oppposants, l'armée. Elle se veut l'ambassadrice des valeurs laïques défendues par Mustafa Kémal, fondateur de la République turque. Elle s'est donc de suite érigée contre l'arrivée d'un islamiste aux plus hautes sphères de l'État, situation inédite dans l'histoire du pays. Le fait que la femme de Gül porte le voile n'a rien arrangé à l'affaire. Gül a beau jeu de défendre sa femme d'engager un styliste viennois pour moderniser sa garde-robe, l'opposition est sur le qui-vive. Et Erdogan et Gûl de jeter de l'huile sur le feu en se déclarant en faveur d'une révision de la constitution, pour autoriser le port du voile à l'université.
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