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EUROPE | La Transylvanie invitée dans la campagne

26/11/07 | Dimitri Dimitriadis

Pour ces premières élections européennes roumaines, le débat censé porter sur les problématiques européennes s'est finalement redirigé sur les revendications de l’UDMR, le parti représentant les intérêts des Magyares de Roumanie. La presse roumaine s’en est faite l’écho.

Presse roumaine

« L’autonomie territoriale des zones à population magyare majoritaire, et la reconnaissance des langues maternelles des minorités comme étant des langues officielles. » Voici deux des revendications formulées dimanche 18 novembre par Marko Bela, le chef du parti de l’UDMR, en présence de 3000 représentants du parti, lors de la clôture officielle de la campagne électorale des élections parlementaires européennes. Cette « proclamation de Targu-Mures », du nom de la ville où a eu lieu la cérémonie, a déclenché une pluie d’articles dans la presse roumaine.

« Récupérer la terre perdue »

L’UDMR, Union démocratique magyare de Roumanie, représente les intérêts de la communauté magyare de Roumanie et fait actuellement partie de la coalition gouvernementale. Son objectif est l’obtention de l’autonomie culturelle, administrative et territoriale de la Transylvanie, région appartenant à la Hongrie avant 1918 et aujourd’hui essentiellement peuplée de Hongrois. L’UDMR n’enregistre à présent environ que 5% des voix dans les sondages.

Dès le début de la campagne, la question de la reconnaissance de l’identité hongroise de Transylvanie a été mise en avant. Marko Bela a évoqué, au moment du lancement de la campagne, sa lutte pour la « récupération de la terre perdue en 1918 ». Adevarul titrait le 22 octobre : « Geoana [membre du Parti social-démocrate] accuse la campagne de l’UDMR d’instiguer l’autonomie territoriale ».

Comme les Catalans ou les Corses

Ainsi, plutôt que d’axer ses analyses sur les enjeux de l’Union européenne et sur les programmes des futurs députés, la presse roumaine s’est concentrée sur la problématique minoritaire, déplaçant le cœur du débat.

Le quotidien Curentul par exemple titrait, lundi 19 novembre, en Une : « Autonomie, à la fin de la campagne de l’UDMR ».

Le quotidien Gândul, quant à lui, relate avec précision la façon dont l’UDMR a harangué la foule : « Marko a crié aux représentants de l’UDMR qu’au Parlement européen seront appelés les Catalans, les représentants du Tyrol du Sud, les Turcs de Bulgarie, les Irlandais, les Corses, et tous répondront présents. Mais que se passera-t-il lorsque les Hongrois de Transylvanie seront appelés ? La salle a répondu : "Présents !" »

 

 

 

 

Rédacteur : Dimitri Dimitriadis, Athens, Grèce




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