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EUROPE | Kosovo: l'indépendance à portée de main

26/11/07 | Joséphine De Boisséson

Les élections législatives au Kosovo ont porté Hashim Thaçi, ancien de l’UCK, au pouvoir. Mais cette élection ne saurait faire oublier la préoccupation principale de tout un chacun dans la région : la question de l’indépendance du Kosovo après le 10 décembre.


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Dimanche 18 novembre, les électeurs kosovars ont voté majoritairement pour le Parti démocratique du Kosovo (PDK) d’Hashim Thaçi (34% des voix) et pour la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) du président Fatmir Sedjiu (22%), qui se partageront la majeure partie des 120 sièges du nouveau parlement. Hashim Thaçi devient donc le nouveau Premier ministre et devra composer un gouvernement de coalition. Seuls 45% des électeurs se sont rendus aux urnes, une abstention que les observateurs extérieurs ont analysé comme un désintérêt pour un scrutin sans surprise.

En réalité, les yeux sont toujours rivés dans la même direction, vers les négociateurs de l’indépendance. Encadrés par la « troïka » (Etats-Unis, Union européenne et Russie), les négociateurs serbes et kosovars tentent en effet depuis près de deux ans de trouver un terrain d’entente sur la question de l’indépendance de cette région de Serbie où résident deux millions de Kosovars albanophones.

La fin des négociations approche

La fin des négociations, fixée au 10 décembre, approche. L’Union européenne tente de grapiller un mois supplémentaire, mais le Kosovo par la voix de Hashim Thaçi a laissé entendre qu’après cette date, la région pourrait prononcer unilatéralement son indépendance. La Serbie aimerait accorder une « autonomie » mais n’envisage pas de perdre cette région « berceau de ses origines ».

Les Etats-Unis soutiennent ouvertement les négociateurs kosovars ; les Russes, de leur côté, ont pris parti pour les Serbes. L’Union européenne tente encore de ménager les uns et les autres.

Ainsi, l’UE a paraphé un accord d’association et de stabilisation (ASA) avec la Serbie le mois dernier. Cet accord est essentiellement économique et nécessitera une véritable signature d’ici quelques mois, mais il représente le premier pas vers une adhésion à l’UE à laquelle la Serbie aspire.

L’UE a justifié cette association par la bonne coopération de la Serbie avec le Tribunal pénal international de La Haye. Or le rapport du procureur Carla Del Ponte faisait seulement état de « nouveaux développements prometteurs » dans la poursuite de Ratko Mladic. Les victimes des massacres de Srebrenica constituées en association ont immédiatement fait part de leur colère.

« Si le Kosovo prend son indépendance… »

En coulisses, on évoque aussi un duel possible avec la Russie dont les conditions sont d’un côté le soutien à la Serbie et de l’autre l’entrée de la Géorgie à l’Otan de l’autre.

La guerre de Yougoslavie plane toujours dans les esprits : des charniers sont régulièrement découverts et des anciens assassins arrêtés. Dans ce contexte, « si le Kosovo prend son indépendance… » devient la phrase magique par laquelle chacun peut faire entendre sa voix. Les Serbes de la région de Mitrovica (100 0000 personnes), au nord du Kosovo, menacent de prendre leur indépendance et les Albanais de Presevo, au sud de la Serbie, ou encore ceux de République de Macédoire de rejoindre la région sécessionniste.

Quant aux Serbes de Bosnie-Herzégovine, ils ont déjà fait montre de leur force de blocage avec la démission du Premier ministre le 1er novembre. Le Serbe Nikola Spiric estimait que les réformes du système de vote au sein du gouvernement fédéral, proposées par le haut représentant de la communauté internationale, empiétaient sur les droits accordées à sa communauté par les accords de Dayton.

Les autorités serbes de Serbie ont déjà annoncé qu’elles pourraient instaurer un blocus commercial et la fermeture des frontières en cas de déclaration d’indépendance unilatérale, ultime argument que les parties en présence semble cette fois entendre, quand la seule négociation politique ne suffit plus.

Rédacteur : Joséphine De Boisséson, Strasbourg, France




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