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Nantes, France

FRANCE | « Il faut attendre les présidentielles »

05/02/07 | Jérôme Bacquias

Trois questions à Dieter Mahncke, ancien conseiller du Président de la République fédérale d’Allemagne (1980-85) et directeur du département de politique européenne au Collège d’Europe à Bruges.

Dieter Mahncke.
Jérémouette
Brest France
Journal EUROPA : De nombreuses capitales européennes attendent beaucoup de la Présidence allemande de l'UE. Pensez-vous qu'Angela Merkel peut réussir à relancer les négociations autour du traité constitutionnel ?

Dieter Mahncke : Trois choses. Premièrement, le Gouvernement allemand a, dès le début, annoncé son intention de trouver une solution aux problèmes institutionnels de l'UE. Deuxièmement, il a annoncé que le traité constitutionnel, qui a été ratifié par l'Allemagne et une majorité des États membres de l'Union, ne peut pas être complètement oublié. Il a donc également réaffirmé son attachement au traité constitutionnel dans son ensemble. Troisièmement, il est devenu clair qu'il faudra attendre le résultat des élections présidentielles en France pour commencer à avancer. Dans le meilleur des cas, la présidence allemande trouvera un accord sur un calendrier d'avancement des travaux. Et l'ironie de l'histoire est que, visiblement, une solution définitive sera laissée à la présidence française de l'UE en 2008, alors que c'est justement la France qui a rejeté le traité constitutionnel !

Suite au « non » français au référendum sur la Constitution, on peut justement avoir l'impression que la France est fortement affaiblie. Cette Présidence va-t-elle marquer un changement dans les relations franco-allemandes ?

D. M. : Les relations franco-allemandes sont assez approfondies et naturelles pour que cela ne les affaiblisse pas. Il faut attendre les élections présidentielles pour voir un peu plus clair. Mais je pense que ce qui changera avant tout durant cette présidence, c'est qu'Angela Merkel aura l'occasion et la volonté de prendre plus en compte les préoccupations des petits États membres. Il s'agit là d'une préoccupation traditionnelle de l'Allemagne, qui a été un peu oubliée ces dernières années. C'est une bonne chose car l'une des caractéristiques fondamentales de l'UE est d'être composée de (très) petits comme de grands États membres.

Angela Merkel a été aux États-Unis lors de son premier voyage officiel. Peut-elle réussir à améliorer les relations entre ceux-ci et l'Allemagne, voire l'Europe dans son ensemble ?

D. M. : Oui. Ses relations avec le président Bush sont plutôt cordiales. Mais c'est aussi dû au fait que ce dernier doit, avec la situation actuelle en Irak, faire preuve de plus d'ouverture. Elle l'a donc rencontré au bon moment. Le message d'Angela Merkel est que les États-Unis doivent davantage prendre en compte les préoccupations des États européens, et que cela même est dans leur intérêt. En fait, on assistera plus à une remise sur pied progressive d'une relation transatlantique traditionnellement bonne, mais qui avait beaucoup souffert ces dernières années.

Propos recueillis et traduits de l'allemand par Jérôme Bacquias

Jérôme Bacquias
Brugge, Belgique



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