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Dans un climat européen plutôt morose, la présidence allemande suscite des attentes élevées au premier rang desquelles figure la relance du processus institutionnel. Une tâche difficile à réaliser. Aujourd'hui la situation institutionnelle européenne semble inextricable. Deux pays, la France et les Pays- Bas ont rejeté le traité constitutionnel. À l'inverse, 18 États membres l'ont à ce jour ratifié. Derniers en date, la Roumanie et la Hongrie. Les deux nouveaux États membres avaient ratifié le texte avant leur entrée dans l'Union. L'Allemagne parviendra-t-elle à sortir l'UE de cette impasse ? En théorie, on est en droit de le penser. Quoi de plus normal de la part de cet acteur majeur de la construction européenne et « poids lourd » démographique du continent. En pratique, comme bien souvent, tout n'est pas aussi simple. L'initiative de la relance doit d'abord venir de la France et des Pays-Bas. Or, comme le rappelle Michel Catala, Président de la Maison de l'Europe à Nantes, « l'Europe a de grandes chances d'être absente de la campagne présidentielle française. Sur un sujet qui les divise, les politiques de droite comme de gauche n'ont aucun intérêt à relancer le débat ». Les chances de réussite allemandes sur ce point sont donc minces. On s'achemine vraisemblablement en juin 2007 vers un état des lieux des positions des États membres. Prenant le relais de Berlin, le Portugal, la Slovénie puis la France au second semestre 2008, auront pour tâche de concrétiser ce processus.
Un programme ambitieux La réforme des institutions de l'UE est pourtant des plus urgentes. Le système de présidence tournante constitue d'ailleurs l'exemple parfait des insuffisances européennes dans ce domaine. À tour de rôle, tous les 6 mois, un des 27 États membres prend la barre de l'UE. Principale mission, présider le Conseil européen, l'organe d'impulsion qui définit les nouvelles politiques européennes, et le Conseil des ministres, la composante législative de l'UE. « Un tel système ne facilite pas la cohérence de l'Europe, ni sa visibilité politique. À chaque présidence, l'Union change de priorités », souligne M. Catala. Pour remédier à ce manque de continuité, le traité constitutionnel prévoyait justement un Président du Conseil européen nommé par les chefs d'Etat et de Gouvernement pour deux ans et demi. Energie et lutte contre le réchauffement climatique, renforcement de la politique étrangère européenne notamment au Proche-Orient, relance du processus de Barcelone sur la croissance et l'emploi constitueront les autres objectifs de l'Allemagne. N'oublions pas le 50ème anniversaire du Traité de Rome, sans nul doute l'un des temps forts de ce semestre. Sur le papier, le programme de Berlin est ambitieux. De quoi satisfaire les attentes vis-à-vis de sa présidence. Reste maintenant à le concrétiser...
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