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L'Europe, c'est tout petit. Cinquante mètres carrés, à peine. C'est en tous cas la taille de la rédaction de la station de radio européenne, en pleine gestation à Nantes. Dans ce concentré d'Europe, ils sont sept. Comme les merveilles du monde antique, les jours de la semaine ou les nains de Blanche Neige. Vues depuis cette Europe en réduction, les élections présidentielles françaises ont quelque chose d'exotique. Une étrangeté. Une zoologie surprenante. La France, vous savez, c'est ce pays qui a inventé la Révolution, qui a coupé court à des siècles de royauté, et qui s'obstine des années après à introniser régulièrement un président de la République investi de pouvoirs quasi monarchiques. Ils sont Grec, Suédoise, Roumaine, Hongroise, Allemande, Espagnole et Française. Même avant la prise d'antenne officielle le 13 mai, ces étudiants en Journalisme ont trouvé que ces élections étaient un joli sujet d'étude. Il y a les candidats à fonction, qui s'y voient déjà, et les postulants à opinion, simples figurants qui n'ont aucune chance. Ce scrutin suprême révèle le poids des sondages dans la navigation à vue des candidats, rectifiant leur image, leur positionnement, leur ton de voix, leur brushing en fonction de l'évolution des chiffres. La candidature de Ségolène Royal fait apparaître la question d'une femme éventuellement au pouvoir. Comme en Allemagne. Pourtant doyenne des présidentielles, Arlette Laguiller, qui est aussi une femme, n'avait jamais initié un tel débat. Trotskiste, trop figurante. Et elle ne s'était pas non plus située vis-à-vis de la misogynie, y compris dans son propre camp. Certaines électrices affirment vouloir voter Royal juste parce qu'elle n'est pas un homme. Faut dire que les Françaises ne votent que depuis la Libération. En Suède, depuis 1921, où il serait plus difficile de trouver une vieille dame racontant la première fois où elle a glissé un bulletin dans l'urne. Ils font remarquer qu'en Hongrie, Sarkozy se prononce « charkozi », et que ce « sar » qui se dit « char » veut carrément dire « merde » en magyar dans le texte. Ils découvrent que les affaires étrangères ont bien peu d'importance quand on demande aux Françaises et aux Français de se choisir un presque monarque. Les affaires européennes sont aussi peu présentes dans la campagne. Faut dire qu'après les clivages du dernier référendum sur la Constitution européenne, personne n'a envie de réveiller des histoires qui fâchent. Non, franchement non. Programme minimum, donc. L'Europe attendra. D'ailleurs, elle attend. >> Eur@dioNantes
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