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La nationalité du criminel et la violence de l'agression ont provoqué l'émoi dans l'opinion publique et dans les médias transalpins. Une femme italienne assassinée par un ressortissant roumain clandestin, un fait divers suffisamment sanglant pour que le gouvernement Prodi adopte dans l'urgence, mercredi 31 octobre, un décret de loi visant à faciliter les procédures d'expulsion des citoyens de l'Union Européenne qui « contreviendraient aux droits fondamentaux de la personne ou à la sécurité publique ». Emotion sur fond de xénophobie Le décret de loi adopté mercredi 31 octobre fait suite à une étude sur les statistiques de l'immigration, rendue publique la veille, annonçant que la communauté roumaine est la première d'Italie avec plus d'un demi million de ressortissants recensés, dont un sur six serait arrivé depuis le 1er janvier dernier. Ces statistiques expliquent aux yeux de certains la croissance des bidonvilles en périphérie des grands villes italiennes. Mais ce tour de vis sécuritaire donné par le gouvernement de centre-gauche n'a pas satisfait l'opposition, qui a trouvé là une occasion de rappeler que les restrictions à l'immigration mises en place par l'ancien gouvernement Berlusconi ont été allégées par ce même Prodi qui aujourd'hui les durcies. Pour l'opposition de centre-droit, cette procédure reste « tardive et partielle ». Et les statistiques sur l'immigration n'arrangent pas le cas des Roms dans la péninsule. Walter Veltroni (récemment élu secrétaire du nouveau Parti Démocrate italien) parle aujourd'hui de « péril roumain », un discours proche des slogans du quotidien de droite conservatrice Il Giornale, qui annonce sans pudeur que « l'Italie est désormais aux mains des étrangers ». Ce qui met dans l'embarras, une fois n'est pas coutume, les partis de gauche radicale membres de la coalition Prodi, qui ne marquent aucune solidarité avec leurs leaders. Liberazione, le quotidien communiste, s'interrogeait, au lendemain de l'adoption du décret : « Pourquoi restons-nous dans ce gouvernement ? ». Un décret "conforme" Selon un sondage rendu public récemment, l'immigration serait source d'insécurité pour près de 50 % de italiens. Des chiffres qui ne sont pas sans inquiéter la coalition en place, qui estime que le décret adopté est « conforme au droit communautaire », puisque, comme le souligne le gouvernement pour légitimer sa décision, « depuis le 1er janvier, les ressortissants roumains et bulgares bénéficient des mêmes droits que les autres citoyens européens. La liberté de circulation et de séjour leur est reconnue, sans autre condition que la possession d'une carte d'identité », conformément à une directive européenne adoptée le 29 avril 2004. Mais cette directive stipule également que les Etats sont libres de restreindre ces libertés pour des raisons d' « ordre public, de sécurité, ou de santé publique ». C'est donc en vertu de cette directive que le décret-loi a été adopté mercredi 31 octobre, mis en application dès le vendredi 2 novembre, jour de la publication du décret au journal officiel. Les premiers arrêtés d'expulsion ont été pris le jour même. Le décret semblerait faire consensus dans la péninsule, ce qui risque de se traduire par une augmentation radicale des expulsions de Roms. Devant cette montée sécuritaire, seul le président de la République, Giorgio Napolitano, a tempéré le mouvement, rappelant que « sans les travailleurs immigrés, le système économique serait bloqué ».
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