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Journal Europa : Que vous évoque ce rassemblement d'artistes européens ? Edouart Aubert : Les jeunes artistes qui cherchent à faire connaître leurs travaux au plus grand nombre, ont besoin de l'aide d'institutions. Lors de ces salons, la sélection des artistes se base principalement sur la qualité du travail présenté et non sur la notoriété. L'objectif est d'apporter aux artistes une certaine visibilité vis-à-vis du public, des médias et des professionnels du marché de l'art. Je tiens à préciser ici que je ne connais pas la situation des jeunes créateurs venant des autres pays européens, chaque pays ayant sa propre politique culturelle et son propre marché. Je ne me permettrais donc pas de parler de leur situation. Aujourd'hui, la principale difficulté des jeunes artistes français est de pouvoir vivre de leur activité. L'objectif de beaucoup d'entre nous est aujourd'hui de trouver le soutien d'une galerie qui corresponde à notre démarche artistique. Comment s'inscrit votre œuvre dans la thématique "W4B : Wanted For Berlin" ? La thématique de la série Wanted for Berlin m'a été inspirée par l'importation en Allemagne de 40 000 jeunes femmes dont le seul but était d'alimenter les maisons closes des grandes villes organisatrices de la dernière coupe du monde de football. Ce travail n'a aucunement vocation à critiquer de manière frontale la prostitution. Toutefois, des femmes non consentantes sont encore aujourd'hui déplacées et vendues comme de simples marchandises. Des jeunes filles viennent chercher chez nous des jobs de serveuse pour échapper à leur quotidien qu'elles jugent trop morose. Ainsi, mon objectif est simplement de souligner et de rappeler à certains qu'il existe encore aujourd'hui une forme de prostitution esclavagiste au sein même de notre Europe des Droits de l'Homme. Quel regard portez-vous sur l'identité culturelle européenne ? À l'échelle européenne, et d'un point de vue artistique, l'existence d'une Europe culturelle est incontestable et n'a d'ailleurs pas attendu la ratification des traités de la C.E.C.A. et de Rome pour prendre forme. Ainsi, l'influence des artistes italiens dans l'éclosion de la Renaissance française en est d'ailleurs une illustration parmi tant d'autres. Toutefois, selon moi, il est nécessaire de préciser que l'idée d'une Europe culturelle ne doit pas aboutir à la conclusion de l'existence d'une pensée culturelle européenne unique ; ce qui pourrait d'ailleurs nourrir les velléités de certains farouches opposants à Europe forte. Au contraire, il est nécessaire de présenter une Europe riche de ses diversités, ce qui est je pense l'objectif de ce salon. Il faut considérer ce type d'événement comme un formidable outil d'échange culturel. De toute façon, comment pourrait-on parler au niveau européen d'une pensée unique, sachant qu'au niveau national cette unité n'existe heureusement pas ? Je pense qu'aujourd'hui la naissance de cette Europe culturelle doit s'entendre sur le plan politique. Avec l'initiative des mairies qui participent à ce formidable projet, nous assistons à une réelle volonté politique de promotion et de défense, au niveau international, d'une jeune création, qui tente de s'inscrire dans un monde de l'art qui n'échappe pas au rouleau compresseur de la mondialisation. Propos recueillis par Charles Ayats
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