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Nantes, France

FRANCE | Une presse différente

09/04/07 | Viorica Chelban

Qu’elle parle du prof de math qui accepte les pots de vin ou des relations des jeunes entre deux pays en guerre, la presse jeune constitue un modèle d’implication et de participation.

Drapeau de la Moldavie
Pourquoi s'investir dans un journal lycéen publié à 400 exemplaires ? Pour ne pas se taire. Pour faire évoluer les mentalités et influer sur la prise de décisions. C'est ce que j'ai cru en me lançant dans la presse jeune et je le crois encore. La presse jeune est un modèle d'implication. Ecrire un simple article sur un événement de son lycée est déjà une grande responsabilité face à ses lecteurs. En essayant de la décrire sans jugements personnels, le journaliste devient une partie de la réalité. « Je crois que la presse jeune a une grande influence dans le développement des opinions individuelles, elle apprend aux jeunes à être ouverts et contribue à la croissance d'un esprit démocratique, déclare Mariana, 18 ans, de Chisinau. Assurer la liberté d'expression est un exercice pratique, qui implique la société et les jeunes journalistes dans le même jeu. » Malheureusement, il existe encore des régions où la presse manque cruellement d'impartialité. En Transnistrie, par exemple, la presse jeune devient le principal moyen pour informer et s'auto-informer. « La presse jeune agit positivement sur les jeunes de ma communauté, explique Olga, 15 ans, de Transnistrie, parce que nous sommes privés d'une information correcte et neutre. » La presse jeune joue un rôle inhabituel dans la transmission de l'information dans les zones de conflit ou isolées. « Les petites communautés sont visiblement divisées par les couches sociales, professionnelles, mais surtout générationnelles, remarque Nicolae Pojoga, étudiant en Journalisme. Les jeunes souhaitent se faire entendre, et ça ne peut se faire qu'à travers une presse gérée et écrite par eux-mêmes ! Une presse non-conformiste, impulsive, voire militante. » D'autre part, Tatiana Corcebas, d'Asta Da (Ça oui, ndt) croit que « la presse jeune et la presse en général doivent prendre en considération leur rôle pédagogique. De plus, la presse jeune ne pourra se construire que sur la base d'informations vérifiées, en présentant des points de vue contradictoires, et en laissant le lecteur tirer ses propres conclusions ». Pour asseoir cette crédibilité, les journaux jeunes doivent parler de l'implication civique des jeunes et des changements de société. En Transnistrie, zone indépendantiste et conflictuelle, certains projets jeunes sont impliqués dans la facilitation du dialogue. C'est un heureux exemple de la participation et la reconnaissance des jeunes, en tant qu'acteurs de développement. Ils perçoivent et répandent ainsi le respect de l'information. Une valeur que beaucoup de professionnels ont tendance à oublier.

Traduit du roumain par Livia Tirziu.

Viorica Chelban
Chişinău, Moldavie



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