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Plus de 5000 fonctionnaires actifs, 900 000 m² de bureaux, 3 lieux de travail (Strasbourg, Bruxelles, Luxembourg), 800 tonnes de papier par an, une facture annuelle d'électricité de 6 millions d'euros. Les chiffres rendus publics en 2006 par le Parlement européen sont édifiants. Des chiffres exhibés à l'occasion de la signature de l'EMAS, l'Eco-Management and Audit Scheme, l'an dernier (lire encadré). Problème : le dispositif n'est pas obligatoire. Du coup, la signature de cette déclaration n'a pas suffi. En avril, le rapport d'un chercheur anglais soulignait que le siège strasbourgeois du Parlement dégageait près de 19 000 tonnes de CO2 par an. 30 vélos pour 785 députés En 65 pages détaillées, le fonctionnement du siège strasbourgeois est passé au crible. Et personne n'est épargné : parlementaires, assistants, secrétariat général, journalistes, déménageurs... Bref, la question du siège unique est clairement posée. Mais au-delà, les écologistes remettent en cause la gestion de l'énergie au Parlement. Les Verts préconisent surtout des solutions à court terme. Des solutions qui concernent notamment les déplacements non polluants. À Bruxelles, seuls 30 vélos sont à la disposition des 785 députés et leurs assistants. À Strasbourg, on en compte 45. Les eurodéputés écolos demandent aussi la fin des grosses limousines en faveur de véhicules hybrides, le développement de la vidéo-conférence ou "une vraie politique de la climatisation". La présidente du groupe Verts au Parlement européen, Monica Frassoni, confirme : "Le problème d'énergie vient de la manière dont les bâtiments sont construits." Et de la manière de gérer les ressources, aussi : "À Bruxelles, le garage du président, chauffé en permanence, est toujours ouvert", explique encore Monica Frassoni. Et pourtant, les mentalités évoluent. "On ne prêche plus dans le désert", confirme la présidente du groupe Verts. De fait, quand le Parlement achète du matériel neuf, le secrétariat général s'assure qu'il respecte l' "Energy Star Label". Autrement dit, il doit être le moins polluant et le plus efficace possible. Une question qui doit, selon Monica Frassoni, "dépasser les clivages politiques". Le système "EMAS" Mis en place en 1995, l'EMAS (Eco-Management and Audit Scheme) a fait long feu, mais il brûle encore. Il s'agit d'un système permettant à des entreprises, volontaires, de s'évaluer et de s'améliorer sur le plan environnemental. Tous les organismes européens, privés et publics, peuvent adhérer au système. En échange, il peuvent accéder à certains marchés, et se faire une image d'organisme "écolo". La Commission européenne et le Parlement européen se sont engagés à respecter les normes EMAS. Une nouvelle révision serait néanmoins en train d'être étudiée par la Commission, inaugurant probablement un futur EMAS III. On parle par exemple d'y intégrer la responsabilité sociale des entreprises.
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