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Il faut être passionné par la nature pour se rendre en Islande, où s'étendent vallées verdoyantes, déserts minéraux, et sommets enneigés. Cela intéresse d'ailleurs les scientifiques, soucieux d'étudier l'évolution de l'écosystème. Pas forcément pour le tourisme. Elle recèle en effet de nombreux cours d'eau chers aux industriels. Ainsi, avec l'aide du gouvernement islandais, des géants mondiaux de l'aluminium ont mis sur pied un projet de construction d'une dizaine de barrages hydrauliques pour alimenter des fonderies en électricité. La région du Karahnjukar, au nord du Vatnajökull, (plus grand glacier d'Europe) sera la première sacrifiée : 57 km² d'une faune et d'une flore uniques en Europe. Pour de nombreux experts, c'est une aberration : le sol est extrêmement instable et le glacier qui alimentera le barrage recouvre trois volcans en activité. S'ils venaient à se réveiller (comme en novembre 2004), la fonte de la glace pourrait détruire le barrage et ses alentours. L'orientation prise par le gouvernement islandais est décevante. Pourquoi ne pas continuer sur la voie d'un tourisme doux, alors que ces barrages représenteront une pollution visuelle irréversible ?
Protestation cycliste ! Nous avons donc voulu montrer notre attachement à la nature. Le vélo nous a semblé être la meilleure solution. Parmi les grands challenges relevés, figure la traversée Nord-Sud de l'île, en autonomie complète (plus de 1300 km). Cela a été possible grâce à l'attelage de remorques, chargées de nourriture nécessaire pour 10 jours et de matériel de camping. Ce sont les rencontres de gens passionnés qui resteront gravées dans nos mémoires. Nous nous sommes rendus au camp international organisé par l'association Saving Iceland (1), dans la région du Karahnjukar pour y témoigner le soutien de Mountain Wilderness (2) à leur combat. Une exposition de photographies retraçant notre périple est prévue, courant novembre, à Lyon. (1) www.savingiceland.org
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