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Mitochondrie Nantes France
Mitochondrie
Nantes, France

FRANCE | L’énergie au programme

09/04/07 | David Colomar

Quelles sont les positions des candidats concernant la politique énergétique de la France, les problèmes environnementaux, le nucléaire, la privatisation de GDF ? Revue de détail.

Ecolos locaux
Delphine Hourdequin
Rennes France
Plus qu'en 2002, les candidats s'efforcent de convaincre les Français qu'ils proposent une réponse crédible aux problèmes environnementaux tout en garantissant la sécurité énergétique du pays. Au-delà des déclarations consensuelles, des divergences existent, souvent sur les méthodes, parfois sur les objectifs.

Énergies renouvelables

Tous s'accordent pour accroître la part des énergies renouvelables dans la production et la consommation. La plupart des candidats évoquent sans distinction particulière l'éolien, le solaire, la géothermie ou la biomasse. Certains candidats affichent cependant un intérêt particulier pour les bio-carburants, comme Philippe de Villiers, qui veut faire de la France le « premier producteur de pétrole vert », ou Nicolas Sarkozy qui se prononce pour leur défiscalisation totale. De son coté, Ségolène Royal souhaite « encourager les contributions des agriculteurs à la fourniture d'énergie », tandis que François Bayrou, outre la pile à combustible, évoque l'énergie marine et le solaire thermodynamique.

Divisions nucléaires

Les opinions au sujet du nucléaire sont beaucoup plus tranchées, et les désaccords entre les candidats ne suivent pas les clivages traditionnels entre la gauche et la droite. Ainsi, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Marie-George Buffet souhaitent le maintien du nucléaire, comme source d'énergie peu chère et non productrice de CO2. Pour la candidate communiste, toutefois, le nucléaire doit obligatoirement être 100 % public. François Bayrou et Nicolas Sarkozy insistent quant à eux sur la nécessité de transparence et d'amélioration des organes de contrôle. A l'opposé, Olivier Besancenot et Dominique Voynet soutiennent l'abandon total du nucléaire. Entre les deux extrêmes, Ségolène Royal veut faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 80 à 50 % tandis que Jean-Marie Le Pen souhaite l'abandon progressif de la fission au profit de filières plus « propres » telles la fusion ou l'emploi du thorium. Enfin, José Bové n'a pas tranché et souhaite un débat national sur la question.

Économies d'énergie

Les économies d'énergies sont aussi présentes dans les programmes. Ségolène Royal et François Bayrou insistent particulièrement sur les mesures à prendre dans le domaine du bâtiment. Mais c'est incontestablement Dominique Voynet qui présente le plan le plus détaillé et le plus audacieux, incluant une « loi d'orientation sur la maîtrise d'énergie », un objectif de rendement énergétique passant de 45 à 70 % d'ici 2030 et la réorientation de l'attribution des crédits de recherche publique dans le domaine de l'énergie : 1/3 à l'efficacité énergétique, 1/3 aux énergies renouvelables et 1/3 à l'amélioration des performances dans le domaine des hydrocarbures, la sûreté, la gestion des déchets et le démantèlement des centrales nucléaires.

EDF/GDF

L'ouverture du capital d'EDF et de GDF provoque un front de rejet quasi unanime parmi les candidats, à l'exception de Nicolas Sarkozy, dont la position reste ambiguë sur ce sujet. Après avoir tour à tour défendu le maintien d'une présence de l'État de plus de 70 % dans le capital de GDF, puis soutenu la fusion GDF-Suez et donc la privatisation de GDF, le ministre de l'Intérieur a récemment déclaré préférer voir GDF s'unir à la compagnie algérienne Sonatrach plutôt qu'à Suez. François Bayrou, tout comme Ségolène Royal, est pour sa part favorable à un rapprochement entre EDF et GDF. Jean-Marie Le Pen s'oppose au monopole d'EDF sur l'électricité, et souhaite « faciliter les initiatives de production indépendantes ».

La place de l'Europe

Enfin, les candidats ont une vision différente de la place à accorder à l'Europe et aux institutions internationales. Jean-Marie Le Pen s'oppose à toute supranationalité, y compris dans le domaine environnemental, mais souhaite des accords bilatéraux au cas par cas, tandis qu'au contraire, les écologistes sont convaincus qu'une politique environnementale commune ne peut être que globale, et souhaitent que la France s'engage activement auprès de ses partenaires européens pour la mise en place de plans de réduction de la consommation d'énergie et des gaz à effet de serre. Si Ségolène Royal focalise principalement son programme énergétique sur la mise en place d'un pôle national, Nicolas Sarkozy souhaite établir dans le domaine de la recherche des partenariats européens : il souhaite « faire de la pile à hydrogène le programme Airbus de demain ». François Bayrou va plus loin. Outre le soutien à la recherche européenne, notamment pour les bio-carburants, il s'engage à mettre en place une « politique énergétique européenne », notamment pour contrer l'utilisation politique de l'arme énergétique par la Russie.

David Colomar
Sheffield, Royaume-Uni



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