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Le plus étonnant pour un Grec, c'est le simple fait que le peuple français ait le droit de choisir son président de la République. En Grèce, le président de la République est élu indirectement par le Parlement et ses compétences sont beaucoup moins étendues que celles de son homologue français.
Revirements Pour moi, la campagne française est d'autant plus intéressante à suivre. En Grèce, on connaît les résultats des élections nationales quasiment six mois avant le scrutin décisif : puisque deux partis reçoivent plus de 70 % des votes (le Parti socialiste et le Parti conservateur), ce n'est pas la peine de s'inquiéter de ce qui va se passer. En revanche, en France, je ne me lasse pas de tous les revirements des électeurs, que je suis à travers les sondages. D'abord, la baisse du pourcentage du PS à cause des gaffes de Ségolène Royal. Puis la surprise Bayrou qui menace la candidate socialiste. La méfiance des Français envers les candidats se manifeste tout de suite, si ces derniers n'arrivent pas à satisfaire absolument toutes les aspirations de leurs électeurs. C'est drôle ! Car à côté des Français, les Grecs semblent aveugles. Quelle que soit la couleur politique d'un Grec, de gauche ou de droite, il soutient toujours le parti qui représente a priori son idéologie. Le programme politique d'un parti n'est pas si important pour mes compatriotes. Par contre, en France, je me suis rendu compte de l'intérêt sincère des Français pour tout ce qu'un candidat propose. Pas très chaleureux Une autre surprise, ce sont les meetings. J'ai pu assister au meeting de Nicolas Sarkozy à Nantes, et je peux souligner quelques différences. En Grèce, la plupart des meetings ont lieu en plein air, au centre des grandes villes, tandis qu'en France l'organisation d'un meeting suppose la location d'un espace fermé. J'ai également remarqué que les militants français ne sont pas si chaleureux. Étant donné que la majorité de ceux qui se rendent à un meeting ont déjà choisi le candidat pour lequel ils voteront, je pensais que le public serait plus réactif. En Grèce, il y a toujours une ambiance de fête et les candidats, qui aiment se faire applaudir, laissent le public les interrompre toutes les deux minutes. En général, la communication entre le politicien et l'électeur est beaucoup plus directe, et essentielle, en Grèce qu'en France. Concernant la presse et la télévision, les Français sont excessifs. Je crois que les sondages qui passent tous les jours dans les journaux et aux émissions télévisées sont complètement inutiles, car les tendances électorales changent trop vite. Un sondage publié la veille est dépassé en deux ou trois jours. Bref, je trouve que la campagne électorale en France est assez particulière. Et ce que je constate finalement, en tant qu'étranger vivant en France, peut se résumer en une phrase : les élections présidentielles ne sont destinées qu'aux Français, aux médias et aux sondeurs...
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