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BELGIQUE | Le cinéma belge, une poésie de la crasse

06/11/07 | Thyl Van Gyzgem

Les frères Dardenne ou Benoît Poelvoorde : des têtes d’affiche qui cachent un cinéma belge social, surréaliste et féroce.

Yves Leterme est leader du CD-V (parti chrétien démocrate flamand). Suite à ses 800 000 voix aux dernières élections, il a pour mission de former le futur gouvernement de coalition. Puis vraisemblablement d'être nommé Premier ministre de Belgique.
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Même s'il est très difficile de parler de culture nationale par les temps qui courent au plat pays (cf crise belge sur www.journaleuropa.info), la fibre sociale est prépondérante dans le cinéma belge. Il faut remonter aux années 30 pour comprendre cet ancrage. Dans Misère au Borinage, Storck et Ivens tentent, avec objectivité, de décrire les conditions misérables des familles de mineurs dans la région du centre. C'est un film brut, qui se doit de coller à la réalité, sans artifices.

C'est ce premier pas qui donnera naissance bien plus tard au cinéma mondialement connu des frères Dardenne. On a déjà beaucoup écrit sur ce cinéma qui tente de faire, avec une sincérité parfois mise en doute dans nos contrées, ce que le cinéma anglais se charge de faire bien mieux.

Fibre sociale et surréalisme

Exception belge pourtant : La raison du plus faible de Belvaux, avec sa grande attention aux personnages, aux comédiens, un scénario haletant et une séquence finale magistrale. Si le cinéma français est rationaliste, dans la grande tradition de Descartes (et fait parfois ça très bien, comme Desplechin), le fondement du cinéma belge est plus à chercher du côté de nos écrivains surréalistes comme Henri Michaux, inclassables comme Marcel Moreau ou nos peintres (Magritte pour le décalage, et l'humour d'un Bosch ou d'un Bruegel).

Cet esprit qui plane sur le plat pays est celui d'un réalisme magique, d'une poésie de la crasse : c'est par le social que naît la beauté cachée. André Delvaux est, dans les années 60, le chef de file du cinéma belge et l'initiateur du réalisme magique, notamment avec L'homme au crâne rasé. On retrouve bien plus tard la poésie d'un réel trop terne dans les films de Van Dormael, odes à l'enfance et aux rêves.

Esprit belge, es-tu là ?

L'esprit belge est aussi moqueur, mais il a l'idée salvatrice de se retourner souvent contre lui-même avec tendresse (Les convoyeurs attendent de Benoît Mariage, l'émission Strip Tease, ou même dans un style plus radical C'est arrivé près de chez vous). Malheureusement, Poelvoorde abuse de cet esprit belge. On peut en voir les effets dramatiques dans Dikkenek, prototype du film belge destiné à l'exportation. Pourtant, rien ne sert de chercher cet esprit cinématographique belge dans le strass de Cannes, ou à l'intérieur de frontières prêtes à être disputées. Il sera toujours là où on ne l'attend pas.

Rédacteur : Thyl Van Gyzgem, Louvain-la-Neuve, Belgique




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