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Puisqu'on m'interroge sur la perception de Nicolas Sarkozy en Hongrie, autant le dire tout de suite : je pense que ses origines « hongroises » n'ont aucun sens, ni en Hongrie, ni en France. Nicolas Sarkozy est français, parce qu'il se déclare Français. Il l'a dit mot pour mot à une femme d'origine algérienne : « Vous êtes une Française. À mes yeux, vous n'êtes pas une Algérienne, et moi, je ne suis pas un Hongrois ». Les Français aussi le tiennent pour Français. Lui-même n'utilise ses origines - rarement - que pour se gagner les faveurs d'une plus large couche d'électeurs, comme dans le cas cité. On n'entend donc pas beaucoup parler de Nicolas Sarkozy en Hongrie, pas plus, en tout cas, que de Ségolène Royal. On ne le juge pas selon son origine, mais selon sa politique. La Hongrie aussi est divisée entre la droite et la gauche : une partie des politiques est proche des principes de Sarkozy, l'autre non. Mais pour être franche, les élections présidentielles françaises ne passionnent pas les Hongrois. Il y a bien quelques articles dans les journaux, mais dans la vie quotidienne, on ne s'intéresse ni à la France, ni à son ex-ministre de l'Intérieur. Il en va autrement des États-Unis, dont le modèle d'intégration permet aux immigrés de conserver une grande part de leur culture « nationale ». Une partie considérable des Hongrois qui y vivent se déclare hongroise. Plusieurs politiciens aussi, comme Tom Lantos, sénateur californien, qui représente ouvertement les intérêts des « Hongrois américains ». Nicolas Sarkozy, lui, s'est si bien intégré à la société française qu'il ne tient pas son origine immigrée pour importante. C'est un autre modèle possible, mais bien entendu la Hongrie fait plus attention au premier.
Á Alattyàn, tous sarkozystes Malgré tout, on évoque parfois cette origine, comme une curiosité. Un journaliste a récemment demandé à Péter Kende (un politologue hongrois qui vit en France depuis 50 ans) si les autres partis français n'utilisaient pas la « hongritude » de Sarkozy contre lui, en l'accusant de ne pas être un vrai Français. C'est la seule question qui peut être intéressante pour les Hongrois : « Comment les Français l'acceptent-ils ? », et non « Comment l'acceptons-nous ? » Exception : il y a un petit village à l'est de la Hongrie, au nom imprononçable pour un Français, Alattyàn, dont les habitants sont tous supporteurs de Sarkozy. C'est le village natal de son père, encore présent dans les mémoires.
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