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Nantes, France

ITALIE | Le "Paradis perdu" de l’art rom

06/11/07 | Guénola Fougeron

Pour la première fois, la Biennale de Venise accueille un pavillon consacré à l’art rom. Une expo qui cherche, par delà le mal-être, à cerner une identité culturelle.


Delphine Hourdequin
Rennes France

Venise - Palazzo Pisani - quartier Cannaregio. Après avoir croisé plus d'une femme gitane mendiant près du Rialto... et plus d'un poster de l'exposition intitulée "Paradise Lost", on arrive devant le palais. C'est au "piano nobile" qu'a lieu pour la première fois - dans le cadre de la 52ème exposition de la Biennale - une exposition dédiée aux artistes contemporains roms. Jusqu'en novembre, 16 artistes hongrois, anglais, français et américains de tradition nomade y exposent certaines de leurs œuvres. Cette première est surtout l'occasion de "promouvoir une reconnaissance de leur identité culturelle".

Le visiteur est accueilli sous une Rain of Tears (échantillons médicaux de verre accrochés au plafond). Juste à côté, un film de 15 minutes et 37 secondes est projeté sur un des murs de la pièce. On y voit une foule de jeunes supporters hongrois dans des gradins, le tout entrecoupé de réflexions (en sous-titrage car le film est muet) d'un psy sur leur situation... Ce film, "Fradi [FTS, Hungary] is better", est signé par Norbert Szirunai et Janos Révéz. Cette réalisation annonce la couleur de la suite de l'exposition. Une exposition qui réussit bien à montrer le mal-être des Roms aujourd'hui.

Sentiment d'accusé

"NO TRAVELLERS" suspendu à l'encadrement des portes, est l'un des leitmotiv de l'expo. Ici, on croise un miroir gitan tagué. Là, un autre sur lequel est écrit en lettres d'or "This is shit" - on n'ose pas s'y contempler ! Plus loin, des tableaux évoquent la vie nomade. Sur l'un d'eux sont représentées des caravanes hyper stylisées de couleurs vives, toutes à la queue leu leu. Un tableau qui contredit l'image traditionnelle de "la caravane qui trouble la tranquillité de la ville", explique l'auteur Gabi Jiménez. Bref, le visiteur se sent comme accusé à travers ces œuvres.

Cette expo semble donc éloignée d'un panorama sur l'évolution de l'art gitan, plus proche de créations réalisées en fonction du public. Quand on lui pose la question du public visé, la commissaire de l'exposition, Tìmea Junghaus, répond sans hésitation : "Le pavillon rom se veut ouvert à tous, et bien sûr aux peuples gitans ! On retrouve ici trois générations d'art rom, dans lesquelles la population nomade se reconnaît."

Rédacteur : Guénola Fougeron, Venice, Italie




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