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Les Hongrois pensent souvent qu'au fond, tout le monde est d'origine hongroise. Les exemples sont sans fin : de Biró, qui a inventé le stylo à bille, jusqu'à l'actrice Rachel Weisz, la star américaine. Nicolas Sarkozy aussi, constatent-ils avec une certaine tendresse et un regard complice... Dans la presse, cette tendresse se matérialise quand M. Sarkozy devient « Un peu des nôtres aussi », comme le clamait une manchette du Népszabadság, le plus grand quotidien du pays, le 10 mars dernier. Le journal consacrait un article à une personne âgée du village d'Alattyán, berceau de la famille Sarkozy, pour qui ce cher Nicolas reste « le jeune seigneur de la famille qu'elle a tant servi »... Une émission d'une grande radio se demandait récemment si « les Français pouvaient avoir un président d'origine hongroise ? » L'animateur dotait au passage le candidat d'une force magique qui apporterait des solutions (au cas où) aux problèmes archaïques des Hongrois. « Si la rivière Tisza coulait sous le pont Mirabeau », ajoutait-il pour préciser, car Paris, quand même, c'est un peu loin.
Sárközy Miklós Pour bien signaler son origine, le nom de Sarkozy est toujours orthographié à la hongroise. C'est comme ça qu'on trouve des Nicolas « Sárközy » dans les colonnes des journaux (parce qu'on ne va pas jusqu'à traduire Nicolas par « Miklós », comme on l'a fait avec Jules Verne qui est ainsi devenu « Verne Gyula » - « Ah, lui aussi, il est Hongrois ? » On se pose la question, mais dans ce cas-là, la réponse, c'est « non », on ne fait que semblant). On attache souvent à son nom, comme une information complémentaire : « le candidat d'origine hongroise », même si, dans la réalité, cette origine n'a pas une grande importance dans sa vie. Son père, qui était membre de la petite noblesse (comme le signale le « y » à la fin de son patronyme) a quitté la Hongrie après la Seconde Guerre mondiale. Il a fui l'avancée de l'armée soviétique jusqu'à Paris, où il s'est marié avec une jeune fille juive d'origine grecque. C'est ainsi que son deuxième fils, Nicolas, né en France, élevé comme un Français, n'a visité la Hongrie qu'une seule fois, en 1994, pour voir l'ancienne propriété de sa famille. Et là, il a rigoureusement refusé de goûter le plat traditionnel hongrois - selon le même article du Népszabadság. On pousse un soupir de soulagement en apprenant que le maire de l'époque ne lui en veut pas pour cela. Humiliations Dans ces conditions, il est sans doute exagéré de parler de son attachement à ses origines... Lui-même a déclaré ne pas se penser Hongrois, mais bien Français. Ce qui n'est pas surprenant : une simple visite n'a jamais rendu personne citoyen d'un pays, et c'est par ailleurs le minimum à attendre d'un candidat français qui se présente aux présidentielles. Même si, en cas de besoin, il ne manque pas d'utiliser ses « racines » : quand il parle des humiliations subies dans son enfance, pour démontrer que tous ceux qui se trouvent dans la même situation et qui ont les mêmes problèmes, il les comprend très bien. Au fond...
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