DESSIN

Mitochondrie Nantes France
Mitochondrie
Nantes, France

FRANCE | Le temps des femmes est arrivé

09/04/07 | Anja Sahlberg

En Suède, cela fait plus de dix ans que le gouvernement respecte la parité et que des partis féministes participent aux élections. La France, fascinée par le « modèle suédois », est-elle prête à entrer dans la modernité ?


Loïc Bonhomme
Rouen France
Dans les articles consacrés aux élections françaises par la presse suédoise, l'attitude « on ferait mieux » est nette. La Suède est peut-être un petit pays sans grande importance pour l'Europe. Mais notre contrée nordique est souvent citée comme référence d'un système politique fournissant une protection sociale optimale à ses citoyens. Le cliché de la Suède comme pays idéal est toujours vivant. « Les Français sont jaloux de nous. Ils veulent vivre et travailler comme nous », écrit Magnus Falkehed, correspondant à Paris pour le quotidien Göteborgs-Posten, avec une certaine fierté. Il se réfère à une enquête selon laquelle presque 50 % des Français voudraient que leur pays s'inspire du « modèle suédois ». M. Falkehed note aussi que tous les candidats à la présidence - de droite comme de gauche - se déclarent partisans du modèle politique scandinave.

La France, mouton noir de l'Europe

L'image de la France dans les journaux suédois n'est pas toujours très flatteuse. « La France est un pays avec de grands problèmes, qui conserve une politique protectionniste dans un monde globalisé », écrit Björn Ramel dans le quotidien Sydsvenskan. En évoquant non seulement le manque de grandes visions dans la politique étrangère, mais aussi l'injustice sociale, l'État-providence dépassé, la faible croissance économique, les problèmes d'intégration et l'inégalité entre les sexes, les médias suédois voient dans la France le mouton noir de l'Europe.

Ségolène Royal est-elle féministe ?

Le fait qu'une femme soit candidate à la présidentielle a réveillé la presse suédoise. « Ségolène Royal est-elle la figure de proue du féminisme ? », se demande Ruth Lötmarker dans le quotidien Svenska Dagbladet, et d'ajouter: « Une femme avec du charme qui n'a pas renoncé à la vie familiale. Une femme qui n'a pas réussi seulement à faire carrière, mais qui est aussi candidate au poste le plus prestigieux du pays ». En Suède, il est de bon ton, parmi les hommes politiques de gauche comme de droite, de se déclarer féministe. Il y a plus de dix ans que les sociaux-démocrates ont constitué un gouvernement respectant la parité hommes-femmes (par comparaison, le gouvernement français actuel compte 20 % de femmes). Pour la première fois en Suède, un parti féministe s'est présenté aux élections législatives l'année dernière. Initiative féministe n'a pas obtenu de siège au Parlement, mais a rallumé le débat sur le féminisme et l'égalité entre les sexes, en affichant l'importance d'une croissance des salaires des femmes, du congé parental individuel et en dénonçant la discrimination et la violence contre les femmes.

Quelque chose de neuf

« Je pense que le temps des femmes est arrivé », a déclaré Ségolène Royal lors de sa visite en Suède en juillet dernier. Et peut-être avait-elle raison. En Suède comme en France, le peuple semble chercher quelque chose de nouveau. Les sociaux-démocrates suédois ont exprimé leur souhait que le prochain leader du parti soit une femme. Mais il n'est pas dit que la présence d'une femme au pouvoir suffise à améliorer la situation des femmes et favoriser l'égalité entre les sexes.

Anja Sahlberg
Stockholm, Suède

Marie-Georges Buffet
Marie-Georges BuffetLoïc Bonhomme
France
Arlette Laguiller
Arlette LaguillerLoïc Bonhomme
France
Dominique Voynet
Dominique VoynetLoïc Bonhomme
France
Ségolène Royal
Ségolène RoyalLoïc Bonhomme
France


Journée mondiale contre la torture
26 juin, journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture
Visiter le site