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À l'automne, les Unes étaient toutes dédiées à Ségolène Royal, décrite comme la première femme de l'histoire ayant de fortes chances d'arriver à l'Élysée. En suivant le « tourbillon » Ségolène, les journaux italiens se sont même demandés qui pouvait être la future « Ségolène » d'Italie, dans un pays où seulement 14 % des députés sont des femmes (17,5 % au Sénat). Mais la fascination de Ségolène est retombée quand les journaux ont commencé à rapporter une série de gaffes commises par la candidate socialiste, qui a alors chuté dans les sondages.
Une source d'inspiration Jusqu'en janvier 2007, les journaux du centre-droit ont regardé Sarkozy, déjà en tête dans les sondages, d'un œil intéressé. Il Giornale (appartenant à la famille Berlusconi) a envoyé un correspondant à Paris. Il Foglio, autre journal de droite, a publié divers articles biographiques sur « l'homme de la rupture ». Autant d'intérêt ne s'expliquerait pas si la situation politique française n'était pas étonnamment proche de celle de l'Italie. Les politiques italiens ont fait des comparaisons, et le centre-droit a commencé à penser à la succession de Berlusconi. Les courants internes au sein de la droite italienne sont nombreux. Observer le changement de génération de l'UMP et la campagne de son nouveau leader pourrait aider à renouveler une coalition en panne d'idées. Et cela vaut aussi pour la gauche. Le centre ou la gauche ? Mais là, les choses se compliquent, car entre en jeu le « troisième inconfortable », comme l'a défini l'hebdomadaire L'Espresso, en parlant de François Bayrou. Le leader de l'UDF est l'ami de Romano Prodi, et ce dernier le soutient. Francesco Rutelli (leader de La Margherita, parti du centre), lui fait écho. Et il le fait en Une du Corriere della Sera - un des quotidiens les plus influents d'Italie. La polémique éclate. L'hétérogène coalition au pouvoir cherche en ce moment à se réunir sous un seul grand parti de centre-gauche, le Parti démocratique (Voir Europa n°10, « Le nouveau centre-gauche italien »). Ce parti ne réunirait pas seulement les centristes, mais aussi les communistes. Le Parti des démocrates de gauche soutient la candidature de Ségolène Royal. Le soutien à la candidate française se transforme à gauche en bagarre sur la position de la future coalition du Parti démocratique vis-à-vis de ses collègues européens. Sera-t-elle portée au centre, en apportant son soutien à l'UDF dans l'alliance des démocrates pour l'Europe, ou se rapprochera-t-il du PS français et des socialistes européens ? Le débat suit son cours, mais une chose est sûre : rien ne sera décidé tant que le nouveau président français n'aura pas été élu. Traduit de l'italien par Cyril Bérard.
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