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Nantes, France

FRANCE | « Plus que françaises »

09/04/07 | Hana Gausfain

La presse espagnole suit très attentivement les présidentielles françaises et souligne leurs enjeux européens. Les étudiants catalans, eux, ont du mal à percevoir les différences entre les candidats.

Photo de famille
Loïc Bonhomme
Rouen France
D'après un récent article publié dans El País et intitulé « Plus que françaises », le résultat des prochaines élections présidentielles en France aurait un effet qui dépasserait les frontières de ce pays : « Non seulement le futur national du pays voisin (la France) est en jeu, mais également le destin de l'UE. » En effet, suite au rejet de la Constitution européenne par référendum, les Français doivent maintenant décider de la politique extérieure à mener. Et cette décision affecterait la stabilité de l'UE. La présence d'articles dans la presse espagnole sur les élections en France est continue. Ils présentent les différences entre les candidats et leurs programmes tout en suivant les résultats des sondages français. Les présidentielles sembleraient être une compétition entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, avec Le Pen en deuxième plan.

Deux poids lourds

Ainsi, Sarkozy apparaît comme « un conservateur à la main de fer », « ambitieux et infatigable » dont « le rêve de toute une vie est de devenir le président de la République française », selon El Mundo. D'après le même journal, Sarkozy a su profiter de sa présence dans le gouvernement pour devenir « le plus populaire des hommes politiques de droite », et est considéré par les Français comme un homme qui a « la carrure » pour être le chef de l'État. Lors de la visite du candidat de l'UMP en Espagne en février, certains articles ont mis en relief le changement en politique extérieure que Sarkozy veut impulser. « Sarkozy considère l'Espagne comme « l'associé Européen » avec lequel la France doit adopter la majorité des initiatives », toujours selon El Mundo. El País amplifie légèrement cette information et introduit l'idée d'une « Union méditerranéenne » que « Sarko » veut renforcer : « Sarkozy considère que l'axe franco-allemand n'est plus le centre d'une Europe à 27 ». Par contre, dans La Razón, on pouvait lire que « Ségolène cherche à établir des liens diplomatiques avec la chancelière Angela Merkel » par rapport à la réunion qui s'est tenue en Allemagne en février. D'autres articles faisaient référence au manifeste « Avant qu'il ne soit trop tard : 50 intellectuels appellent à voter Ségolène Royal », et à la progression de Royal dans les sondages. La Vanguardia argue que « Royal attaque Sarkozy », et poursuit que « Sarkozy et Royal seraient à égalité dans le premier tour, selon un sondage du Parisien ».

Troisième homme

Les articles parlant du candidat du FN, Jean-Marie Le Pen, insistent sur sa politique contre l'immigration : « Le Pen attaque l'immigration et demande des privilèges pour les Français », « Le Pen promet de ‘chasser les faux touristes' ». Ils insistent également sur sa politique extérieure : « Le Pen défend un projet ‘alter-européen' », pouvait-on lire dans El Mundo. Suite aux sondages montrant une progression du centriste Bayrou, de plus en plus d'informations sont apparues sur le candidat de l'UDF : « Le centriste Bayrou surprend et rattrape Royal et Sarkozy » en ajoutant qu' « en début d'année, rien ne laissait prévoir la spectaculaire avancée du dirigeant de l'UDF ». « Il a toujours gouverné avec la droite et sa participation à la motion de censure contre Villepin lui permet d'obtenir l'appui aussi bien de ceux qui sont mécontents de Royal que de ceux qui craignent Sarkozy », souligne El Periódico.

Des étudiants peu au courant

Parmi les étudiants espagnols, l'intérêt est plutôt mince. En général, ils ont entendu parler de certains candidats mais ne connaissent ni leurs programmes ni ce qui est en jeu dans ces élections. Le candidat le plus connu est Ségolène Royal. Elle bénéficie depuis quelques mois d'une plus grande présence dans les médias en Espagne car c'est la première femme qui pourrait devenir chef de l'État français. « Je connais Chirac et la socialiste Ségolène, et j'ai entendu que c'est elle qui allait gagner », me confie Albert, étudiant en Chimie. « Je crois qu'il y en a un qui est fasciste et qui veut arrêter totalement l'immigration et qu'il y a une femme socialiste », dit Anna, en Droit. Parmi les étudiants de Sciences-po, on est plus au courant : « Je crois que la droite est plus unie que la gauche qui est très divisée. À droite, il y a Sarkozy de l'UMP, le même parti que Villepin. À gauche, les socialistes avec Ségolène et plein de petits partis comme Bové. Entre les deux, un certain Bayrou. Et à part, il y a Le Pen », explique Jordi. À la question du programme des candidats et de celui qu'ils choisiraient : « Je crois que Ségolène a fait plein de promesses sociales et les autres candidats ont dit qu'il n'y avait pas de budget pour pouvoir les tenir. Mais je ne connais pas suffisamment la politique française », confesse Judit, en Chimie. « J'ai lu récemment que Sarkozy voulait créer un ministère pour l'Identité nationale et que Ségolène pensait supprimer les 35 heures. Je ne pourrais rien dire quant aux autres », complète Jordi, de Sciences-po. Ainsi la presse relate l'évolution de la campagne présidentielle, mais l'information dont disposent les étudiants espagnols est très confuse et peu profonde. Même si ces élections auront un effet sur l'ensemble de l'UE, beaucoup d'entre eux ne ressentent pas l'importance qu'elles pourraient avoir.

Hana Gausfain
Barcelona, Espagne

François Bayrou
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