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Mitochondrie Nantes France
Mitochondrie
Nantes, France

FRANCE | Ô France, ô Mère chérie !

09/04/07 | Jonas Roland

Faut-il modifier les premiers vers de la Brabançonne, l’hymne national belge ? En Wallonie en tout cas, les médias font plus de place aux élections françaises qu’aux élections... belges.

Une france comme les Français pensent qu'elle est à l'étranger
Thomas Rajeau
Nantes France
Il ne fait pas bon se déclarer français, et encore moins parisien, quand on se balade dans les rues francophones belges. Rassurez-vous, votre intégrité physique n'est pas menacée, mais vous risquez fort de vous attirer les foudres humoristiques de mes compatriotes inspirés. Ces railleries systématiques trouvent sans doute leurs sources dans un certain complexe d'infériorité dont la Belgique francophone souffre à l'égard de sa grande sœur, la France. La proximité culturelle, renforcée par l'usage commun du français, y est sans doute pour quelque chose, et puisque les deux pays n'ont pas la même population ni le même poids géopolitique, la Belgique ne peut être qu'inférieure à la France, du moins si elle compte jouer sur le même terrain. Alors on se protège, on invoque nos particularismes, on se vante, et on se moque. D'autres fondent des partis pour une annexion de la Wallonie à la France, comme le Rassemblement Wallonie France, qui a obtenu 1 % des voix aux dernières élections régionales. Comment, alors, expliquer l'omniprésence de la vie quotidienne française dans les médias belges ? Parce qu'omniprésence il y a. Il suffit de constater à quel point la population belge a connaissance des détails des affaires politiques françaises. Presqu'un sujet par jour dans les journaux télévisés sur les présidentielles. Elles occupent le forum médiatique bien plus que les prochaines élections législatives belges du 10 juin 2007, le jour même du premier tour des législatives françaises. Une coïncidence qui a posé problème : il a en effet été question d'un changement de date, au prétexte de l'influence possible des élections françaises sur l'électorat belge - bien qu'aucune étude ne démontre la corrélation entre les deux vies politiques, divergentes d'ailleurs sur de nombreux points.

UMP Belgique

Il faut dire que le débat est assez creux en Belgique, pour le moment. Toujours obnubilé par des problèmes communautaires incessants et les nombreuses affaires de corruption de la classe politique en Wallonie, les questions de fond sont sans cesse repoussées. Devant cette médiocrité, on peut sans doute un peu mieux comprendre l'intérêt que suscite la vie politique française. Tout de même, on vous jalouse votre République, nous qui nous encombrons encore d'un archaïque Roi ; on applaudit votre Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui impose aux chaînes des temps de parole pour chaque tendance, là où il ne semble exister pour les médias belges que quatre partis, dont l'extrême droite ; on admire le charisme et la stature de vos hommes politiques. Par exemple, un parti assez folklorique s'est récemment créé, d'inspiration sarkozyste comme son nom l'indique : l'UMP Belgique, formé notamment par d'anciens membres du FN belge. De nombreux comités de soutiens aux différents candidats aux présidentielles françaises ont d'ailleurs été créés. Ils courtisent l'immigration française, assez importante dans la capitale. On n'avait plus vu un tel engouement pour la politique depuis... les élections présidentielles américaines.

Jonas Roland
Brussels, Belgique