DESSIN

Mitochondrie Nantes France
Mitochondrie
Nantes, France

FRANCE | La Duce Vita

09/04/07 | Alessia Caporali

Alessandra Mussolini, petite-fille du dictateur du même nom, se distrait entre films, journaux, télévision et politique, où sa seule vraie valeur semble être son patronyme.

C'est sûr, elle en a une belle paire...
Troy
Dijon France
Poitrine généreuse, lèvres charnelles, caractère évident, voix stridente, Alessandra Mussolini possède à la fois ce sens de la protection maternelle, typique des femmes méridionales, et l'intrigant sex‑appeal des vendeuses de tabac de l'après-guerre. En somme, une vraie Italienne, icône de l'imaginaire collectif.

La playmate politicienne

Alessandra Mussolini, quarante-cinq ans, trois fils, est la fille de Maria Scicolone - petite sœur de Sophia Loren - et de Romano Mussolini, quatrième fils du dictateur fasciste et jazzman de renommée internationale, avec qui elle composa l'hymne de son parti (lui la mélodie, elle les paroles). Ses premiers pas professionnels, elle les fit dans le cinéma, poussée sur cette voie par sa tante. Elle participa à quelques comédies. Jusqu'au jour où elle se fit photographier les seins à l'air pour le magazine Playboy, ce qui ne profita pas à sa carrière d'actrice. Ses apparitions sur le grand écran se firent de plus en plus rares, et l'échec du film Samedi, dimanche et lundi, de Lina Wertmuller en 1990, dans lequel elle joua aux côtés de tata Sophia, lui fit renoncer définitivement au cinéma, pour se lancer dans la politique.

Pas touche au grand-père !

En 1992, elle devient diplômée de médecine. La même année, elle est élue à la Chambre des députés dans les rangs du MSI (Mouvement social italien, héritier direct du Parti national fasciste, ndlr). La députée Mussolini se montre alors favorable à l'alliance entre le MSI et Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, en vue des élections de 1994. Elle lutte aussi contre la dissolution du MSI dans un nouveau parti d'extrême droite, l'Alliance Nationale (AN). Mais la rupture définitive avec Gianfranco Fini, leader de l'AN, ne fut définitive qu'en 2003, quand ce dernier se rendit en Israël, pour affirmer assez courageusement que le fascisme avait été « le mal absolu du XXe siècle », en s'excusant auprès du gouvernement israélien pour les lois raciales adoptées en 1938 par le régime de Benito Mussolini. La réponse d'Alessandra ne se fit pas attendre : elle donna aussitôt sa démission de l'Alliance Nationale. On n'insulte pas le grand-père impunément.

Affirmation lapidaire, situation précaire

L'incident fut inévitablement suivi de la création d'un nouveau parti d'extrême droite, « Liberté d'Action » (aujourd'hui connu sous le nom d'« Action Sociale »). Associé à d'autres groupuscules d'extrême droite, le parti a obtenu 1,2 % des suffrages aux élections européennes de 2004, permettant ainsi à son nouveau leader de siéger au Parlement européen. En 2005, peu avant les élections régionales, le parti d'Alessandra Mussolini a été interdit de participation pour falsification des signatures nécessaires à sa candidature. Elle a alors déclaré : « C'est un affront à la démocratie ! S'ils veulent nous exclure, ils doivent exclure tous les partis, parce que les signatures de tous les partis sont fausses, pas seulement les nôtres. » Affirmation lapidaire, situation précaire. Personne ne comprit s'il y avait vraiment de fausses signatures, toujours est-il qu'après une âpre discussion en pleine campagne, la décision de la Cour fut annulée, et le parti d'Alessandra Mussolini réadmis dans la course électorale. Résultat : 1 % des suffrages.

« Mieux vaut être fasciste que pédé ! »

Silvio Berlusconi rouvrit les tractations avec la petite-fille du Duce en vue des présidentielles (pour l'élection du Président du Conseil, ndlr) de 2006. Au mois de mars de la même année, Alessandra Mussolini fut impliquée dans deux prises de bec politiques de bas étage. Tout d'abord avec le ministre de la Santé de l'époque, Francesco Storace, accusé d'espionner la candidate. Storace fut contraint de démissionner. Le deuxième épisode, plus divertissant et de plus mauvais goût, fut son duel télévisé avec Vladimir Luxuria, membre de Rifondazione Communista. À celui-ci qui la traitait de fasciste, elle répondit : « Mieux vaut être fasciste que pédé ! »

Traduit de l'italien par Cyril Bérard.

Alessia Caporali
Genova, Italie

Qu'en pense Greta Hitler ?
Qu'en pense Greta Hitler ?Troy
France