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Quels sont les enjeux des élections législatives du 17 novembre ? Elles n'auront pas beaucoup d'impacts sur les négociations internationales, mais elles sont importantes pour la scène politique kosovare. Le risque est celui de la surenchère indépendantiste entre les différents partis nationaux. Ces derniers jours, dans les environs de Pristina, j'ai pu voir des défilés de personnes cagoulées, hostiles à toute forme de négociation. Elles réclament l'indépendance immédiate, ce qui serait dangereux pour la sécurité de la région. Heureusement, les deux plus importants partis kosovars, la Ligue démocratique du Kosovo et le PDK, sont attentifs à ce que dit la communauté internationale. La Troïka (Europe, Etats-Unis, Russie) doit rendre son rapport sur l'état des négociations entre Serbes et Kosovars le 10 décembre devant l'ONU. Que faut-il en attendre ? Les positions serbe et kosovare restent inconciliables. Le rapport de la Troïka devrait aboutir logiquement sur un constat d'échec. Toute proposition de résolution en faveur d'une indépendance du Kosovo au sein du Conseil de sécurité se heurtera à un veto des Russes. En cas d'échec au Conseil de sécurité, quelle solution pour le Kosovo ? Le scénario le plus probable est que le secrétaire général de l'ONU (Ban Ki‑Moon, nldr) appelle les Européens à prendre le relais de la mission des Nations unies au Kosovo. Logiquement, les Kosovars devraient déclarer leur indépendance. Tout porte à croire que les différents pays européens vont reconnaître progressivement le nouveau pays. Même si des États comme la Slovaquie et l'Espagne craignent que l'indépendance du Kosovo donnent des idées d'autonomie, voire d'indépendance, à leurs minorités. Qu'est ce que les Kosovars attendent des Européens ? Ils espèrent que les Européens prendront le relais des Nations unies au Kosovo, notamment sur les questions de police et de justice. Même si l'idée d'une "tutelle" de l'Europe n'enchante pas les Kosovars, ils sont conscients que leur gouvernement doit être surveillé. C'est une des conditions pour que l'Europe reconnaisse l'indépendance de la région et fasse venir des investisseurs étrangers. Le Kosovo intéresse-t-il l'Europe ? Oui, pour deux raisons. La guerre de 1999 a marqué les esprits européens. La situation actuelle, héritée de ce conflit, n'est plus tenable pour les Kosovars. S'il n'y a pas de changements, les troubles entre les communautés serbe et albanophone risquent de reprendre. La seconde raison tient à l'élargissement de l'Union européenne. Après l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie, ce sera bientôt la Croatie. En regardant une carte de l'UE, un trou noir apparaît : la Serbie et le Kosovo. Il faut régler cette question. Propos recueillis par Antoine Krempf
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