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Mercredi 12 février, le gouvernement Prodi, représenté par le ministre des Affaires étrangères Massimo d'Alema, demande au Sénat l'approbation de sa politique étrangère. Deux thèmes sont controversés : le déploiement des bases américaines de l'OTAN à Vincenza et le financement des missions militaires en Afghanistan. Le samedi précédent, une manifestation pacifiste a regroupé 200 000 personnes pour protester contre l'installation de la base militaire américaine Ederle. Mais Prodi ne change pas d'idée : la base se fera. Il en a été décidé ainsi... jusqu'au mercredi suivant, jour du vote. Malgré la situation tendue, il semble que les sénateurs dissidents se convainquent de la nécessité de soutenir le gouvernement. « Si nous n'obtenons pas la majorité sur la politique étrangère, nous rentrons à la maison ». Ce sont les mots du ministre d'Alema, peut-être trop sûr de lui, le jour précédent. Mais dans l'hémicycle, tout ne se déroule pas comme prévu. Sur les 630 voix : 158 « pour », 28 abstentions, le reste « contre ». Étant donné que les abstentions comptent comme des voix « contre », le Sénat rejette la motion. Grondement à droite : les politiques applaudissent, lancent des journaux en l'air, et scandent des « dé-mis-sion ». Et les démissions arrivent. Prodi va trouver Napolitano (président de la République, ndt), pour les lui communiquer. La chasse aux traîtres est ouverte.
Imbroglio Des noms sont donnés : Franco Turigliatto et Nando Rossi, communistes. Ils sont même insultés par leurs compagnons de parti : « gros con ! » hurle la sénatrice Palermi, devant l'imperturbable Rossi. Les autres votes « contre » sont de Sergio de Gregorio, élu de gauche passé à droite un mois plus tard, Cossiga (ex-président de la République, ndt), Pallaro, Pininfarina et Andreotti. Encore lui. 88 ans et encore décisif dans la politique italienne. L'explication est simple. Il n'a pas voté contre la politique extérieure du gouvernement, qui d'ailleurs est assez similaire à celle qu'il menait, le cul entre deux chaises, entre Etats-Unis et monde arabe. Non. Ce qui dérange le vieux démocrate-chrétien, c'est le timide projet de loi qui reconnaît des droits aux couples vivant sous le même toit, y compris aux homosexuels, le « DiCo », sorte de Pacs allégé. Mais nous ne sommes pas en France, et quand le pape hurle sur les « couples contre nature », il trouve toujours un politique pour l'approuver. Ainsi, Andreotti, d'une part, et les communistes de l'autre ont enfoncé Prodi. Mais après une semaine difficile, revirement de situation. Le président Napolitano lui redonne la confiance du Sénat, en lui imposant une condition : le gouvernement devra obtenir la majorité et faire fi des sénateurs à vie. Il suffit d'un homme, et on le trouve : Marco Follini. L'ex-adjoint de Berlusconi est sorti du centre droit depuis des mois. Toujours critique envers Berlusconi, il a délaissé son parti, l'UDC (Union des Démocrates Chrétiens, ndt), pour en fonder un autre au nom emblématique : « l'Italie du milieu ». Et au milieu, il l'est. Tellement qu'il vote la confiance à Prodi sans problèmes. Le gouvernement se représente devant les chambres et obtient un vote favorable. Mais Prodi est resté marqué par l'affaire, et décide de mettre les choses au clair. Il présente 12 points au programme, parmi lesquels les missions en Afghanistan. Mais le DiCo ne fait pas partie de la liste, est-ce une surprise ? Traduit de l'italien par Cyril Bérard.
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