Virage à droite, Sócrates ejecté
Déjà à l'aube des précédentes élections législatives, en septembre 2009, le Portugal n'était pas en très bonne santé, touché par la crise économique mondiale, avec un taux de chômage de 9 % de la population active, qui avait doublé en 3 ans. Ainsi que 2 millions de personnes sous le seuil de pauvreté pour une population de 10,7 millions d'habitants. Dans ce contexte difficile, José Sócrates était parvenu à sauver son poste de Premier ministre acquis lors des élections de 2005, mais en instaurant un gouvernement de minorité, à partir des 96 députés socialistes sur les 230 sièges que compte l'Assemblée nationale.
Austérité mal digérée
Comme en Grèce, en Espagne et en Irlande, au début de l'année 2011 le gouvernement doit passer par des mesures d'austérité économique pour espérer une aide financière du Fonds monétaire international et de l'Union Européenne. Pour les Portugais, la pilule passe très mal; les grèves déjà importantes en 2009 se multiplient, et le 11 mars 2011, 300 000 personnes descendent dans la rue pour protester contre le programme d'austérité du gouvernement. Le 23 mars, le rejet de nouvelles mesures par l'Assemblée nationale pousse José Sócrates à la démission et provoque des élections législatives anticipées.
Cette fois, les chances de reconduction de José Sócrates à son poste sont amoindries et il est plus vraisemblable que l'opposition de droite, incarnée par le Parti Social-démocrate (PSD) reprenne le pouvoir.
Forte abstention et retour à droite
Avec 28,05 % des voix, le Parti Socialiste réalise un des ses scores les plus bas depuis la Révolution des Œillets de 1974, tandis que le PSD, avec 38,65 % des suffrages, améliore de près de 10 points son résultat de 2009 et obtient 105 sièges de députés. Son leader, Pedro Passos Coelho, devrait sans doute devenir le futur Premier ministre du Portugal. Doutant d'ores et déjà de sa tâche difficile, il espère mettre en place un gouvernement de coalition avec le CDS-PP, parti de droite, arrivé troisième avec 11,74 % des voix.
Enfin, le scrutin fut marqué par une forte abstention, de 41,1 %, ce qui reflète d'une certaine matière la désillusion des citoyens portugais face à cette crise économique qui se prolonge, après tant de progrès dans les années 1980 et 1990.