Un musée virtuel, pour ceux qui ne s'en souviennent pas...
Nikola Mihov , Valéry Guiorov et Martin Anguélov sont trois érudits qui fouillent sans cesse dans le passer pour le confronter au présent. Ils présentent l’art et plus particulièrement le design graphique de cette époque d’une manière assez alternative. Bienvenus dans SOCMUS - le musée où vous pouvez découvrir des publicités, des vinyles, des couvertures de livres, des affiches de cinéma et de théâtre, des timbres et toute autre création de la période 1944 – 1989.
Rencontre avec Valéry Guiorov l'un des créateurs du musée.
Europa: Comment et quand avez-vous eu l'idée de créer SOCMUS ?
Valéry Guiorov:
L’idée nous est venue quand on a vu l’exposition dédiée à Stefan Kuntchev lors du festival Sofia Design Week 2009 . Il faut aussi avouer que nous sommes amateurs de l’art graphique d’époque. Le passé nous attire.
Europa: Quel est votre objectif ?
V. G. :
Nous voulons montrer quelle bonne école du design avait la Bulgarie il y a plus de 20 ans. Il nous semble que les nouvelles générations ont perdu cet héritage. Il est important de connaître les œuvres de ses illustrateurs, de s'en inspirer et d'en être fiers. L'objectif est de montrer la richesse de l'art graphique bulgare de cette époque que certains rejettent pour des raisons politiques...
Europa: Comment vous êtes-vous rencontrés ?
V. G. :
J'ai connu Nikola à l’école primaire. On a rencontré Martin en 2009 autour de « Transformers ». C'est le goût commun pour l’art graphique et l’architecture qui nous rapproche le plus.
Europa: Quelle est votre regard sur le communisme ?
V. G. :
Tous les trois nous appartenons à la génération X qui a grandi à la frontière des deux régimes - communisme et démocratie. On n’a pas de souvenirs négatifs d'avant '89 mais nous sommes témoins du déclin de la transition. Il n'y a pas de nostalgie pour le régime. Ce qui nous intéresse est simplement le passé graphique qui pourra se transformer en pont vers le futur.
Europa: Comment pourriez-vous définir l’art de l'époque communiste ?
V. G. :
Il est certain qu’il y avait eu une forte propagande et une influence « d’en haut ». Les bons artistes ont pourtant su les contourner en se démarquant par leur talent.
Europa: Comment a évolué l’art graphique pendant toutes ces années?
V. G. :
Aujourd’hui, l’art graphique suit librement son chemin en s’inspirant des tendances occidentales.
Europa: Avez-vous eu des difficultés pour retrouver les « archives » ? Où est-ce que vous les avez cherchés ?
V. G. :
Nikola est notre investigateur principal. Il cherche sans répit dans des bibliothèques, des théâtres, des cinémas. Moi, je l’aide toujours quand je peux. Ensuite tous les deux avec Martin, on travaille sur le site internet.
Europa: Quels sont les critères pour qu’une œuvre trouve sa place dans la collection de votre musée ?
V. G. :
Il faut que tous les trois nous la trouvons intéressante ou au moins que deux d’entre nous y trouvent un trait particulier, puis nous votons et voilà !
Hier soir était la première du livre Forget your past - des monuments de l'époque communiste du photographe Nikola Mihov. Le manuel poursuit le destin des monuments les plus imposants construits en pleine ère soviétique jusqu'à nos jours. Il y a 34 photographies accompagnées d'information minutieusement recueillie pendant plus que 3 ans. Le titre est inspiré par le message "Forget your past" à l'entrée du siège monumental du Parti communiste bulgare au sommet Bouzloudza, un site historique qui illustre bien le destin des monuments de cette époque.