Élections législatives en Moldavie: fin de la crise?
Coincée entre la Roumanie et l'Ukraine, la Moldavie compte à peu près 4,3 millions d'habitants, dont 80 % parlent le Roumain, pour une superficie de 33 843 km². Sa capitale est Chisinau. Du point de vue économique, elle présente une triste caractéristique, il s'agit du pays le plus pauvre d'Europe. En effet, elle subit depuis la chute de l'URSS une transition difficile dont elle n'est pas encore sortie. Son économie repose encore en bonne partie sur l'agriculture. D'ailleurs, ses vins jouissaient d'une très grande réputation durant la période soviétique. Du point de vue géopolitique, son territoire est amputé de la Transnistrie, république russophone autoproclamée indépendante en 1993.
Dans l'espoir d'une vie meilleure, beaucoup de Moldaves se sont donc expatriés, notamment en Roumanie et en Italie.
Une crise politique prolongée, après une révolution colorée manquée
En avril 2009, la victoire du Parti Communiste de la République de Moldavie (PCRM) est entachée de fraudes. Dans les jours qui suivent, les manifestations, dans le centre de Chisinau, composées essentiellement de jeunes, les dénoncent et demandent plus de liberté ; certains rêvent d'une «Révolution Orange», à l'ukrainienne, mais le mouvement ne sera pas assez massif.
D'autres élections ont lieu en juillet 2009, marquées par le succès de l'Alliance pour l'Intégration Européenne (AIE), la coalition des partis de l'opposition. Cependant, celui-ci est insuffisant pour permettre l'élection du Président de la République, avec seulement 53 des 101 sièges du Parlement, alors qu'il en faudrait 61 pour élire le Président de la République.
Pour y remédier, la coalition soumet par référendum l'élection au suffrage universel direct du Président de la République. Or, faute d'une participation suffisante (30 %), il ne peut être validé. De nouvelles élections législatives sont donc convoquées pour novembre 2010.
Recul des communistes, nouvelle ère politique?
Les tendances confirment le recul du PCRM, avec 39,3 % contre 44,7 % en juillet 2009. A dix encablures, le Parti Libéral Démocrate (PLDM, droite) bondit de près de 13 points, avec 29,4 % des suffrages. Viennent ensuite le Parti Démocrate Moldave (PDM, centre-gauche) et le Parti Libéral (PL), respectivement avec 12,7 % et 9,9 %.
Par projection en sièges, le PCRM reste le groupe majoritaire, avec 42 sièges. Ensuite, le PLDM en obtient 32, le PDM 15, et le PL 12. Ainsi, l'AIE mise en place en 2009 pour créer une alternance au PCRM, obtiendrait 59 députés, soit un manque de 2 députés seulement pour élire le Président. Un nouveau type de coalition autour du PCRM est-il possible, afin de sortir enfin la Moldavie de l'impasse politique? Quels compromis sont envisageables? Le pays doit-il se préparer à de nouvelles élections?