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«Là où les gens font leurs courses»

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Magali Planès, Array
Articles | Publié le 07.12.2010 Malgré des revendications éthiques et sociales, le commerce équitable est présent en grande distribution pour toucher une audience massive. Mais à quel prix ? Des exigences économiques, écologiques et de justes répartitions qui ne sont pas toujours appliquées par les grandes enseignes.

Certaines marques sont prêtes à faire des concessions. Témoignage d'un businessman éthique qui a fait le choix. Tristan Lecomte, président-fondateur d'Alter Eco, l'un des leaders du commerce équitable en France qui travaille dans 29 pays de part le monde. Auteur de nombreux ouvrages, il défend un commerce équitable sans barrières, s'ouvrant pleinement à la grande distribution pour toucher ainsi un maximum de consommateurs.

 

Europa : Au départ, vous étiez diplômé d'école de commerce, qu'est-ce qui vous a fait basculer vers le commerce équitable?

 

Tristan Lecomte : C'est une réflexion qui a commencé quand j'étais étudiant. J'avais monté une association qui s'appelait France-Népal avec des amis. Cela m'avait plu car cette association était entrepreneuriale et utile. Passionnante également, car j'ai pu développer des projets au Népal. J'ai voulu revivre cela dans ma vie professionnelle, or je n'avais pas retrouvé la même utilité et le même plaisir en travaillant dans une entreprise classique. C'est pour cela que j'ai décidé de créer mon entreprise et de me lancer dans l'aventure du commerce équitable.

 

Quelle est la genèse de cette entreprise ?

 

T. L. : J'ai démarré Alter Eco en 1998. J'ai tout d'abord ouvert une première boutique qui a été un échec commercial. Nous n'arrivions pas à vendre assez de produits pour atteindre un bon équilibre et nous ne parvenions pas à aider significativement les petits producteurs. Donc nous avons ouvert une plus grosse boutique, qui a été un échec encore plus important. Par la suite, nous avons développé un système d'achats par internet. Un échec à nouveau. Les quatre premières années nous avons donc essuyé plusieurs échecs. C'est pour cette raison que nous avons décidé d'orienter l'activité vers la grande distribution, là où les gens font leurs courses. Pour développer des volumes suffisants, accroître l'activité et ainsi avoir des retours significatifs pour les producteurs. Depuis 2002, l'activité s'est bien développée parce que nous avons trouvé notre marché au travers des consommateurs qui vont faire leurs courses comme tout un chacun. Ils peuvent acheter des produits équitables : café, chocolat, riz, thé...

 

Aujourd'hui, quelle est la place de votre marque sur le marché du commerce équitable ?

 

T. L. : En France, nous sommes une des premières marques de commerce équitable. Nous participons fortement à la dynamisation de ce marché, et nous développons de nombreux produits. Nous sommes surtout distribués en France, un petit peu en Belgique et dans d'autres pays. Mais au niveau européen, cela reste marginal par rapport aux acteurs nationaux de ces pays qui, comme nous, développent leurs propres produits.

 

Pourquoi ce choix de vendre par le biais de la grande distribution ?

 

T. L. : Par nécessité. Pour trouver notre marché et de bons débouchés pour les producteurs. Pour développer le commerce équitable, il faut le vendre partout, en petit commerce comme en grande surface, dans un maximum de points de vente pour que cela devienne un achat régulier. De fait, en France, 90 % des actes de consommation courante se font en grande distribution. Nous nous sommes donc rendus à l'évidence. Il faut vendre ces produits aussi dans ces circuits, même si au départ ce n'est pas forcément évident d'associer le commerce équitable avec l'image de ces enseignes. Mais il faut réussir à comprendre le côté positif de l'entrée de ces produits dans la grande distribution. à partir de là, on peut redéfinir la place et surtout la nature de l'ensemble des produits vendus. Chacun de nous, dans ses actes d'achats de tous les jours, peut changer notre consommation pour un mieux social et environnemental.

 

Qu'en est-il du débat entre les tenants du «il faut aller dans la grande distribution» et ceux du «restons dans les petits circuits» ?

 

T. L. : Ce débat est obsolète depuis le début. C'est amusant parce que cette discussion n'existe quasiment qu'en France et pas dans les autres pays. C'est purement idéologique. De même que sur l'allongement des retraites, il y a un type de débat qui n'existe qu'en France. Pour les autres pays, c'est complètement délirant.

 

Vous pensez que les pays du Nord ou anglo-saxons ont une approche plus pragmatique du commerce équitable ?

 

T. L. : Je ne sais pas. Elle peut être idéologique mais pas forcément révolutionnaire. On croit qu'avec le commerce équitable on ne peut pas changer le monde. En réalité, si. On peut changer le monde mais de l'intérieur, en changeant les mécanismes du système. Quoi qu'il en soit, c'est un pari. Avec Alter Eco, on fait face à de nombreuses contradictions. L'objet ce n'est pas d'approfondir ces contradictions mais de les dépasser en trouvant des complémentarités. C'est cela qui fait avancer des causes comme le commerce équitable. Quand on critique, qu'on est dans un rapport négatif, c'est intéressant à un certain stade, après il faut trouver des solutions, agir, bouger. Les producteurs ne sont pas dans le constat critique «ça ne va pas car le monde est injuste». Non, ils prennent en main leur production. Et nous, nous sommes leur partenaire pour distribuer leurs produits. Nous sommes dans l'action. Il faut chercher cette complémentarité. Le débat idéologique est intéressant, mais si vous prenez en otage le commerce équitable pour ce débat idéologique, ça n'est productif ni pour le commerce équitable, ni pour le changement.

 

Pour vous, l'avenir du commerce équitable c'est quoi ?

 

T. L. : Il y a plein d'avenirs différents. Déjà dans les liens qui peuvent être tissés avec les autres sujets du développement durable : l'agriculture biologique, la foresterie, la lutte contre le réchauffement climatique... En réalité, tous ces sujets sont liés. Le commerce équitable n'est qu'un maillon de la chaîne. Sinon le commerce équitable en tant que tel peut encore se développer dans de nombreuses catégories de produits et faire tache d'huile sur l'ensemble des pratiques du commerce international.

Thibault Dumas, Paris France