Occupy Wall Street : Patchwork et Melting-pot
À arpenter les travées du campement, on éprouve un étrange mélange de sentiments et d'impressions. Difficile à décrire. S'il semble exister une conscience générale d'appartenance à un mouvement commun, toutes sortes de personnalités et de revendications sont présentes au Zuccotti. Tout ou presque y passe : anti-OGM, anti-nucléaire, mouvement amérindien, protection des animaux, retrait des troupes US d'Afghanistan, collectif de sans-abris et, bien sûr, remise en cause sous toutes ses formes du système libéral et capitaliste.
Jeunes, vieux, femmes, hommes, noirs, blancs, asiatiques, amérindiens, costume-cravate, hipsters, hobos, étudiants, chômeurs et artistes forment à eux tous le patchwork de la crise états-unienne. Tous ces indignés se sont rassemblés pour exprimer leur ras-le-bol d'une société considérée comme décadente, ayant érigé le one dollar bill comme noyau du système, reléguant l'humain au second plan.
Malgré l'importance des revendications c'est dans un joyeux foutoir, entre deux concerts et prestations d'arts de rue, que sont menés des projets constructifs. Le Occupy Wall Street Journal a vu le jour, les tables rondes et autres think tanks citoyens sont légions et les médias du monde entier propagent les idées nées ici. Ce sont déjà près de 500 000 $ de dons qui ont été versés par des sympathisants anonymes à l'Alliance for Global Justice (AFGJ), association à but non lucratif à laquelle les indignés de Wall Street ont confié leur argent.
S'il n'est pas dit que le mouvement lancé à New York et désormais international aura le moindre effet sur la marche du monde, il est évident qu'il se passe depuis sept semaines au Zuccotti Park « quelque chose » qui dépasse ceux qui l'incarne. Il ne s'agira peut-être que d'alerter les opinions publiques de l'exaspération grandissante face au fonctionnement du système. Cependant, à l'heure de la globalisation de l'information c'est surement le meilleur moyen pacifique dont disposent les indignés pour ébranler l'édifice.
Ces derniers jours, le mouvement a vécu ses premiers drames (arrestations, agressions) et s'apprête désormais à affronter un adversaire d'une toute autre nature. Son nom ? L'hiver…