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Du Kazakhstan à la Russie : Iekaterinbourg

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Rónán Mac Dubhghaill, Array
Articles | Publié le 10.11.2011 Huitième partie - Laissant derrière moi la beauté brute et la mélancolie du Kazakhstan, je retourne en Russie. Ceci était presque inévitable à mes yeux, bien que les Routes de la Soie s'étendent dans toutes les directions...

Iekaterinbourg, aujourd'hui une capitale provinciale, était autrefois le cœur de la civilisation minière de l'Oural, où l'on racontait des histoires de chats géants et de grottes ensorcelées pour éloigner les brigands. Si la Russie ne s'était pas étendue vers l'Est jusqu'à la Sibérie, Iekaterinbourg aurait pu être le dernier bastion de l'Empire Russe et la dernière ville d'Europe.

Différentiation

« Je te l'ai dit, nous ne sommes pas européens », affirme Sashulya, sur un ton presque défiant. Pour moi qui venais de passer un an en Asie, revenir en Europe était plus important que je ne l'avais imaginé. « C'est juste un point sur la carte, tu vois. La colonne, c'est juste la queue d'un Tsar. Il compense. » Nous rions et nous dirigeons vers la frontière.

La frontière entre l'Europe et l'Asie, marquée par une colonne bâtie au XVIIIème siècle, est probablement la frontière la plus inoffensive que j'aie traversée durant tout mon voyage. Sans les mesures précises des géographes et des conseillers du Tsar, on ne devinerait jamais que c'est ici. D'un côté l'Europe, de l'autre l'Asie. De chaque côté, des bouteilles de champagne vides et des vieux bouquets de fleurs. Cette frontière attire plus de jeunes mariés posant pour leurs photos souvenirs que de touristes ou de trafiquants.

À mi-chemin

Les habitants d'Iekaterinbourg sont fiers de leur héritage ouralien. À mi-chemin entre la Russie occidentale et le désert sibérien, ils ont développé leur propre identité sur cet équilibre. Un équilibre entre la rigueur sibérienne et la douceur de vivre occidentale. « Nous n'avons pas besoin de ça, ni de l'un ni de l'autre. Nous avons nos propres ressources, et nous sommes plein de ressources », dit Vanya (en tirant son chapeau !)

Hospitalité russe

Invité à passer la journée dans une datcha, une de ces résidences secondaires typiques à la Russie, je quitte la ville pour la campagne. Je regarde autour de moi, cherchant l'imposant Oural, mais je ne le trouve pas. « En fait, ce ne sont pas vraiment des montagnes, tu vois, explique Valentina, comme si je venais de poser une question idiote. Il y a quelques collines dans les alentours, mais les montagnes les plus proches sont à environ mille kilomètres au nord. » Une autre idée préconçue qui s'effondre.

Après un dîner qui semble ne jamais se terminer, nous parlons de la Route de la Soie tout en buvant du café, du thé russe et de la vodka. Le crépuscule tombe et je sens un froid hivernal sous mes talons. Au début de ce voyage, j'étais au Japon au cœur de l'été, par 35 degrés, dans une forte humidité et sur une terre toujours tremblante. À Iekaterinbourg, l'hiver semble me poursuivre, me fait frissonner. « C'est l'heure du Bania ! » déclare Sashulya, et je le suis. Je me déshabille, gardant uniquement le bonnet de feutre obligatoire, et me laisse fouetter avec des branches de bouleau séchées. Tout ceci au nom de l'échange culturel. Je transpire abondamment, boit encore de la vodka et plonge dans une eau glaciale ; tout ce rituel ressemble à une punition mais je suis envahi par une sensation de sublime pureté.

Montre-moi le chemin pour rentrer

Iekaterinbourg était donc la première véritable ville européenne de mon voyage. Importante cité russe, capitale d'une culture à part, Iekaterinbourg est un lieu spécial. Sashulya ne s'y trompe pas, alors qu'il se penche et me murmure à l'oreille : « Arrête de penser à la destinée russe, Rónán. Nous ne sommes pas européens. » Je n'ai pas d'autre choix que de consentir.

Rónán Mac Dubhghaill, Dublin Irlande