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De la Sibérie au Kazakhstan

Hard times in Yekaterinburg. byHard times in Yekaterinburg. by
Rónán Mac Dubhghaill, Array
Articles | Publié le 06.11.2011 Quelques semaines après la fin réelle du voyage, voici la 7ème partie de la Route de la Soie. Bien que le Kazakhstan ne soit pas vraiment sur la route, Ronan ne pouvait pas résister d'aller encore un peu plus loin. En quittant la familiarité de la Sibérie, de Omsk, il a dévié vers le sud. A Astana, il était accueilli par des visages marqués par l'âge et par la vie dure de la steppe d'Asie centrale. Des yeux, méfiants des étrangers, suivaient chaque pas. ‘'Étais-je un espion ? Un commerçant ? Un contrebandier ? Peut-être étais-je juste perdu ? Heureusement pour moi, la dernière explication semblait la plus probable.

La poussière et l'air froid de l'automne m'ont laissé une larme à l'œil. En me dirigeant vers la ville, j'ai rencontré Anatoly, un vieil homme russe qui a décidé de rester bien que son village soit juste un simple souvenir. Je lui ai demandé pourquoi et il m'a dit que depuis la chute du communisme presque tous les Russes ont quitté la région. Il m'a assuré que c'était pareil en Ouzbékistan, en Kirghizstan, tous les anciens pays soviétiques d'Asie Centrale. Je lui ai demandé si depuis la chute la vie était devenue difficile, si les gens l'ont pris pour cible par qu'il était russe. Tristement, il fait oui de la tête. ‘'C'était ça,'' il a dit. Une renaissance du nationalisme kazakh a rendu la vie désagréable pour les Russes.

Une mémoire soviétique

 

A Astana, j'ai rencontré Toishybek. Il m'a assuré que je n'avais rien à craindre malgré tout ce que j'avais pu entendre. « Cet endroit est aussi sur que n'importe quel autre endroit- un endroit est aussi sur que ton niveau de rassurance,» il a dit. J'avais l'air de me détendre et il a versé plus de vodka. La conversation a continué et est devenue plus fluide.

 

Il s'est penché vers moi et a murmuré dans des tonalités qui font penser à du contre-espionnage. « Vous et moi, nous sommes pareils,» il a dit. Il a fait alors un geste que je n'ai pas compris. Il montrait sans cesse sa peau, foncée et bronzée, et la mienne, pale avec des taches de rousseur. Ensuite, il a indiqué nos yeux «  je suis blanc aussi, tu vois ? Caucasien ! Pas Mongole. » Il a poussé un cri aigu en annonçant cette révélation privé. « Ah-ha, » j'ai dit en hochant la tête.

 

Alors, il a commencé à dresser la liste des grands chefs militaires. « Napoléon, Kirov et Gengis Kahn,» il a dit « sont les trois plus grands de l'histoire mondiale. » J'avais peur du quatrième. Il voulait que je fasse une connexion, ce que j'ai complètement raté. Qu'est-ce qu'ils ont en commun ? « Ils sont tous Caucasiens », il ma informé. Avec hésitation, j'ai dit que Gengis était surement un Mongol. « Ah, mais c'est faux ». J'étais corrigé. « Il était Kazakh et Caucase ». Il n'a fait que conquérir la Mongolie en premier. J'ai fait oui de la tête et j'ai pris une gorgée de vodka. Qu'aurais-je pu faire d'autre ?

 

Au bout de l'opportunité

 

Aidana m'a dit qu'elle était très contente de me voir puisqu'ils n'avaient pas beaucoup de visiteurs à Kostonay. Elle et ses amis étaient un peu tristes, ils se sentaient un peu déconnectés du Kazakhstan moderne, elle m'a dit. Selon elle, depuis la chute de l'URSS, le Kazakhstan s'est renfermé. « Où sont nos leaders ? » elle a demandé. « Où sont nos intellectuels ? »

 

Elle se sentait chez elle au Kazakhstan, mais le pays avait l'air d'être en dehors des choses, au bord d'une opportunité dont il rêvait, mais qu'on lui refusait. Il y a de la tristesse dans sa voix, de la fierté, mais pas d'accusation. Nous avions bu du thé et nous avons partagé un souvenir, une vision de la Route de la Soie que nous n'avions pas auparavant.

 

Le retour

 

Le retour en Russie dans sa grandeur était inévitable. Comme le grand ours, la Russsie jette une ombre sur le steppe d'Asie centrale, dans son passé, son présent, et son avenir. Le Kazakhstan se trouve toujours au beau milieu de l'incertitude géopolitique et économique post-soviétique.

Au nord, Ekaterinbourg m'attend. De là-bas, une entrée à l'Oural, et direction Europe …finalement.

Rónán Mac Dubhghaill, Dublin Irlande