//Société
Un métro nommé désir
« Nous mettons la ville en mouvement », tel est le slogan de la BKV, la compagnie de transport en commun de Budapest. Forte d’un réseau de trois lignes de métro, la ville comptait continuer ce mouvement. C’était sans compter avec la crise ! Le projet de ligne 4 a été repoussé à 2014 alors que les travaux préparatoires avaient déjà commencé. La raison ? La BKV, gérée par la ville et l’État, est au bord du gouffre, et menace la ville de faillite : cette fois, les usagers ne seront pas pris en otages par les grèves…
20.02.2012 |
Unis dans la ludd
Qu’ont en commun Luther Blisset, Ned Ludd, Sonja Brünzels ou Jean-Baptiste Botul ? Ils sont tous, sorte d’auto-pastiches, des personnages collectifs. Tour à tour empruntés pour signer un livre, donner une interview ou appeler à un rassemblement, ces pseudonymes incarnent les causes qu’ils défendent. Si BHL a récemment redoré le botulisme, connaissez-vous l’origine du luddisme ?
à la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, l’ouvrier Ned Ludd a porté un puissant mouvement de contestation sociale. Mais le Captain Ludd était surtout une identité fictive endossée par des centaines de syndicalistes britanniques pour combattre le développement du travail mécanique dans l’industrie textile. Depuis, le luddisme incarne le symbole des protestations anarcho-primitivistes et anti-industrielles. Nom de guerre ou nom de scène, tout dépend du théâtre des opérations.
16.02.2012 |
Clichés de cliché
Martin Parr est photographe. Fasciné par les classes moyennes et leurs habitudes de consommation, il a consacré entre 1987 et 1994 une série de clichés à un personnage dont on aime beaucoup se moquer : le touriste. On l’aura compris, ce qui intéresse l’artiste n’est pas le monument, mais la foule qui s’y presse, avide de consommation culturelle. Affublés de chemises hawaïennes d’un goût douteux, exhibant fièrement leur coiffe d’Indien face au Grand Canyon, assaillis par les vendeurs de gri-gris en tous genres... Les touristes photographiés par Martin Parr sont tournés en ridicule. Le cadrage est approximatif, la mise au point floue, les sujets peu mis en valeur. Le photographe britannique réalise des clichés volontairement ratés, comme pris à la va-vite. Il aime se moquer de cette société qui a les moyens de visiter le monde entier et n’a pourtant aucune clé pour le comprendre ou, à défaut, le consommer avec goût.
16.02.2012 |
Suivre la deviation
Le hacking pourrait être traduit en français par une périphrase comme “mettre les mains dans le cambouis” ou “aller sous le capot”. Loin du pirate informatique poussé par une volonté destructrice, le hacker est un homme qui détourne les choses pour en tirer un nouvel usage et de nouvelles performances.
Du hacking est née une philosophie de mise en commun, à la fois comme utilisateur et créateur, qui continue de se construire, pas après pas.
Dans cette optique, à l'aide d'un Hackbus itinérant, l'Autrichien Moritz Bartl programme en 2012 un tour d'Europe de six mois minimum, pour rendre visite à ces “détourneurs”.
Il s'arrêtera ainsi à Rennes quatre jours durant. L'objectif final est d'offrir une documentation réflexive au mouvement, de promouvoir la culture du libre et finalement d'aboutir à créer lui-même un “espace dédié au détournement”.
Hackbus / du 1er au 4 février / au Jardin Moderne // Rennes
16.12.2011 |