Tension ethnique sur fond d'élection
L'histoire des Roms en Bulgarie et en Europe en général, est longue et complexe. Ce qui est certain c'est que les Roms forment le deuxième plus grand groupe de minorités de la Bulgarie et y existent depuis longtemps, peut-être depuis le 14ème siècle. En ce moment, les Nations Unies et des agences nationales estiment la population rom de la Bulgarie entre 700 000 et 800 000, une fraction du nombre européen qui doit être entre 6,8 et 8,7 millions.
Il y a eu récemment beaucoup d'attention sur les activités de plusieurs communautés gitanes en Bulgarie, c'était en avant plant d'une montée d'intolérance et de violence à travers l'Europe. Depuis le mois d'août de l'année dernière, le gouvernement français déporte illégalement des Roms des camps français, ce qui va directement à l'encontre des lois de libres circulations de l'Union Européenne.
En Hongrie, il y a actuellement un débat intense sur l'éthique et la légalité de forcer les personnes qui ne travaillent pas, qui statistiquement représente un pourcentage important de la population Rom du pays, à faire de longues heures de travaux manuels en échange d'aides financières de l'état. Ce qui a aussi mis le feu au poudre est le fait que cette mesure soit prise suite à des défilées d'extrémistes déguisés en noir, à travers des régions avec une forte population de Rom.
Des actes violents contres les Roms
Pour revenir à l'aspect local, la situation en Bulgarie semble de plus en plus sérieuse. Des manifestations ont lieu à Sofia, et il y a des rapports quotidiens d'actes de violence perpétrés contre les Rom à travers le pays. La poudrière de tout ça? Une petite ville à l'extérieure de Plovdiv, du nom de Katunitsa.
Le 23 septembre, il est signalé qu'un jeune homme Bulgare, âgé seulement de 19 ans, a été renversé et abattu par un tireur à gage qui prétendument travaillait pour le chef de la mafia rom local et le leader du clan, Kiril Rashkov, mieux connu sous le nom de ‘Tsar Kiro' (‘Roi Kiro'). Ce meurtre est la suite d'une menace de mort faite à la victime quelques minutes auparavant.
Les 500 personnes qui se sont rassemblées devant les trois propriétés luxueuses de Krio à Katunitsa (qui ont été payées par les 6 millions leva que le chef doit en arriérés d'impôts) sont devenues les prototypes des manifestations qui ont explosées dans les grandes villes de la Bulgarie dans les 24 heures qui ont suivi l'incident.
C'est un “jeu de blâme"
Depuis les marches anti-Rom dans les rues de Sofia la semaine dernière, qui ont impliqué plus de 2000 personnes, les rassemblements politiques qui ont dévoilé des affiches et des t-shirts avec les slogans “je ne veux pas vivre dans un état tsigane”, et les attaques qui ont eu lieu sur des personnes d'origine tsigane, ce sujet est devenu un sujet brûlant des prochaines élections présidentielles.
Pendant une visite récente à Bruxelles, le seul candidat à la présidence de la Bulgarie, Rossen Plevniev (du GERB, parti majoritaire) a refusé de commentaire sur ce problème, disant tout simplement que c'était un “jeu de blâme”.
Crime roganisé
A part les questions générales de race et d'ethnicité, il existe beaucoup de questions sous-jacentes concernant la crise actuelle.
De nombreux Bulgares pensent que les Roms ont de forts liens avec le crime organisé et n'aiment pas que les Roms puissent poursuivre leurs activités criminelles, jusqu'à un certain point, sans l'intervention des autorités.
Achat de voix
On donne souvent des explications troubles à cette immunité apparente .On parle souvent d'achat de voix. Il est allégué que c'est un pratique courant chez les chefs rom d'attendre simplement le meilleur pot-de-vin des politiciens, ensuite ils demandent à leurs nombreux supporteurs à voter pour le plus haut enchérisseur.
En fait, ces derniers jours il y a eu beaucoup d'accusations de liens entre ce pratique et le parti dirigeant, des accusations qui étaient fortement niées.
"Ataka" contre les Roms
Parmi ces controverses, il y a aussi des inquiétudes plus communes. Avec la peur de l'expansion des communautés rom, il y a eu un très large soutient en faveur du parti de l'extrême droite ‘' Ataka'' (Attaque) qui est décri comme un parti nationaliste, xénophobe et homophobe, et qui détient en ce moment 21 des 240 sièges du parlement bulgare. A l'approche des élections, la possibilité que le parti obtienne une plus grande présence au sein du gouvernement est réel et très concernant.
Avec cette situation qui persiste, et l'arrestation de Tsar Kiro pour de nombreux arriérés d'infractions criminelles, le futur politique et social du pays a été plongé dans un monde sombre et incertain. Personne ne sait ce qui se passera demain.