Pic Nic the Streets : la réappropriation de l'espace public par les personnes en mouvement
Le but de cette initiative était d'inciter à la réappropriation par les personnes d'un espace public aujourd'hui inondé de voitures. En toile de fond, la mise en lumière des nombreuses lacunes en matière de politiques de mobilité.
Selon Philippe Van Parijs, les espaces publics de villes comme Anvers, Louvain, Lille ou Palerme sont beaucoup mieux aménagés. De plus, considérant que nous sommes toujours plus nombreux dans les villes, mais avec moins d'espaces privés, il est essentiel de rendre les espaces publics plus agréables et mieux aménagés en donnant moins de place à la voiture.
Au niveau politique, au philosophe d'ajouter que les plans de mobilité en cours sont beaucoup trop lents. Un plan de mobilité ambitieux, y compris pour la "piétonisation" des boulevards du centre a été approuvé par la ville en 2004, mais 8 ans après, rien n'a encore été mis en oeuvre.
Une "piétonisation", tous les dimanches de l’été
Vu le succès de la mobilisation du premier pique-nique, la ville de Bruxelles annonçait le 15 juin dernier une "piétonisation", tous les dimanches de l’été, du tronçon occupé par les pique-niqueurs.
Un premier pas qui, toutefois, n'occulte en rien la nécessité d'insuffler une véritable vision d'ensemble de la Région en matière de mobilité et d'aménagement public. L'un des organisateurs précise qu'il n'est pas question d'effacer totalement la voiture du paysage urbain, mais bien d'éviter qu'elle ne l'envahisse.
Suite à cette annonce des autorités bruxelloises, un deuxième pique-nique a pris place le 24 juin, le prochain n'aura cependant pas lieu avant l'automne, malgré l'autorisation de la ville de Bruxelles. En effet, il convient d'éviter de transformer ces pique-niques en happenings branchés.
Aussi, les gens sont maintenant informés de cette interdiction de trafic, ils peuvent dès lors se réapproprier la ville librement, sans organisation formelle. Pic Nic the Streets soutient néanmoins tout organisateur d'initiatives visant à rendre Bruxelles plus vivable et encourage à les lancer autour d'un thème différent chaque dimanche de l'été (événement facebook ).
Un réaménagement bien plus général et permanent est indispensable
Ensuite, concernant l'autorisation en elle-même, comme l'explique Philippe Van Parijs dans une carte blanche adressée au bourgmestre de Bruxelles et publiée dans Le Soir : « Il ne s’agit après tout que d’interrompre le trafic automobile moins de 2 % du temps sur 10 % des boulevards du centre pendant deux mois sur douze. Or, tous (les pique-niqueurs) sont persuadés qu’un réaménagement bien plus général et permanent est indispensable ».
L'ambition du mouvement réside donc dans la restitution des espaces publics au citoyen tout au long de l'année et de manière permanente. Raison pour laquelle, les pique-niqueurs ont bien l'intention de revenir boulevard Anspach et ailleurs, dès la fin de la période d'interruption estivale de la circulation.