Loca voraces
La notion de locavore apparaît aux États-Unis en 2006, à San Francisco, et s'officialise en intégrant le New Oxford American Dictionary en 20081. Elle s'étend peu à peu au Canada et en Europe, rassemblant de nombreuses personnes préoccupées par le sort de notre planète et la provenance des denrées alimentaires que nous consommons. Le principe de cette communauté est simple, il s'agit de se nourrir exclusivement d'aliments issus de la production locale, n'ayant pas parcouru plus de 150 km (exit, donc, les mangues brésiliennes)2. Les produits de saison sont privilégiés, cultivés dans nos petits potagers personnels, achetés sur les marchés des producteurs du coin ou encore via les AMAP. La cueillette dans les parcs publics représente par ailleurs une alternative supplémentaire, si le cœur vous en dit! En ville comme à la campagne, ce mode de vie est rendu possible par la multiplication du nombre de personnes sensibles aux questions de pollution et de qualité des aliments que nous consommons.
Cette nouvelle démarche de consommation permet de favoriser l'agriculture locale, de réduire notre impact carbone, dû au transport des aliments, et de se nourrir plus sainement. La quantité d'énergie utilisée pour faire parvenir une salade ''du coin'' dans nos assiettes s'avère moindre. Cependant, à nous d'être vigilants quant au caractère biologique des aliments, si notre objectif vise une alimentation exclusivement naturelle. Il n'est en effet pas dit que la pousse d'une botte de radis provenant d'une exploitation agricole des environs n'aura pas été quelque peu aidée par l'utilisation d'engrais chimiques. À chacun d'adapter le concept de locavore à ses envies et ses moyens, sachant que l'idée initiale privilégie des produits issus d'une agriculture biologique.
Économie locale à la carte
Par ailleurs, outre son impact bénéfique sur l'environnement, l'intérêt de ce mode de consommation réside dans la création d'un lien entre les habitants d'une région et ses producteurs. L'achat sans intermédiaires de produits locaux favorise les échanges, la convivialité et permet la sensibilisation de chacun au mode de vie d'autrui. S'en suit pour les locavores une certaine implication dans l'économie locale et la vie de ses acteurs.
Ce mouvement, solidement ancré aux États-Unis s'est par ailleurs étendu au domaine de la restauration. En effet plusieurs établissement "branchés" de New-York proposent désormais des menus spéciaux, baptisés «100 miles»3. Fait étonnant, le géant Google s'est également intéressé à ce mode de consommation et a choisi de nommer le restaurant de son siège le «Café 150», s'engageant à cuisiner des produits n'ayant pas parcouru plus de 150 miles4. Même les geeks adeptes de la globalisation s'inquiètent pour leur économie locale, incroyable!
Anti-mondialistes ?
Cependant, ce mouvement attise la critique et ne suscite pas l'assentiment général. Il fut à maintes reprises qualifié de mode ridicule relayée par des idéalistes/extrémistes tentant de rejeter la mondialisation5. Ses détracteurs mettent en avant le fait qu'une distribution alimentaire de masse est moins polluante que la multiplication de systèmes de distribution locale. Vision purement économique, la saveur et la qualité des aliments n'étant pas pris en compte dans ce schéma. À chacun donc de peser le pour et le contre selon sa perception de notre économie actuelle et la manière dont il souhaite voir évoluer notre rôle de consommateur.
La communauté des locavores a répandu et médiatisé un mode de vie finalement peu récent, basé sur le respect de notre environnement et la recherche d'une alimentation simple et équilibré. À termes, cette conception deviendra certainement une tendance de fonds pour certains et une mode passagère pour d'autres.
1,3,4. D'après un article paru sur : www.consoglobe.com
2. Issu d'un article publié sur : www.arte.tv
5. Information issu du site : wikipedia.org