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Contexte et histoire de l'électro berlinoise

DJ Berlinois

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Articles | Publié le 02.04.2012 Dans le cadre du festival "Berlin : Go" organisé à Nantes, Stéréolux et Trempolino ont invité Théo Lessour pour une conférence sur la musique électronique. A la suite de laquelle, il revient pour Europa sur son livre Berlin Sampler (2008), véritable guide de la musique berlinoise, et plus particulièrement de musiques électroniques.

Après des études de Droit, un petit passage dans le monde de l’Internet puis à la Cour pénale internationale de La Haye, Théo a fini par s'installer à Berlin, où il séjourne comme « émigré économique » ! Il se sent européen mais avoue être toujours nostalgique quand il revient en France.

Théo est un passionné de musique et a créé plusieurs labels – rock ou électro – et le projet Berlin Sampler s’est présenté naturellement. Il avait lui-même beaucoup de musiques berlinoises chez lui et s’est interrogé sur cette orientation musicale, a cherché à comprendre le bouillonnement de la capitale allemande.

Grâce à ses recherches, il a pu établir un rapport entre l’histoire de la ville, son contexte politique, social et économique, et la création musicale pour expliquer son statut de capitale de l’électro en 2000.

Abécédaire musical

Dans son livre, Théo réalise une classification de la musique : E-Musik (musique sérieuse, classique ou contemporaine), A-Musik (alternative), U-Musik (divertissemet, pop, jazz, rock…) et la techno ! Pourquoi cette dernière est-elle à part ? Tout d’abord parce qu'en mouvement et encore très actuelle. Il lui semblait difficile de faire un point sur son histoire.

Berlin est le centre des soirées électro, et on a souvent des échos des nuits berlinoises, réputées chaudes... Théo vit à Berlin et avoue qu’il est possible de facilement se « laisser aller ». On trouve de tout, pour tous les goûts.

Une liberté, qui a certainement permis à la création d’explorer de nouvelles directions. Au delà de l’amusement lié aux musiques électroniques, on ressent une forte énergie. Le mouvement des foules, il le compare à une sorte de rituel. Il n’y a pas de pas pour danser, pas de textes à interpréter. C’est une musique très ancrée dans le réel. Elle filtre le quotidien, et se réapproprie des images, des bruits.

Dans Berlin Calling on voit le personnage principal, DJ Ikarus (interprété par DJ Kalkbrenner), enregistrer les bruits du métro pour les intégrer ensuite dans sa musique. On se demande si l’ère industrielle a joué un rôle dans l’émergence des musiques électroniques.

Création anti-productiviste

Berlin est LA ville capable de rivaliser avec des métropoles de la subculture et alternative comme Londres. Ce côté alternatif daterait des années 68, selon Théo Lessour. La puissance de l’amateurisme, du « j’m’en-foutisme » et la désinvolture ont poussé le développement de mouvements novateurs.

Une autre dimension viendra compléter ce contexte. En réaction à la productivité et l’efficacité prônées en Allemagne comme des valeurs clés du développement, véritable carcan pour les artistes berlinois, ils ont tendance à rejeter complètement toute technique, structure ou progrès dans leurs créations musicales.

On ne peut donc nier que Berlin joue un rôle très important dans le monde de la musique électronique. Les soirées, les producteurs et, bien sûr, le public sont là.

Clémence Hublet, Nantes France