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Des films hors des circuits habituels

Jerôme Baron


Tous droits reservéElfie Charles
Articles | Publié le 15.01.2012 550 films visionnés, 10 sélectionnés et une 33e édition entre rétrospective inédite et hommages aux maestros. Trois questions à Jérôme Baron, directeur artistique du festival.

Comment choisissez-vous les films ?

Jérôme Baron : Pour la sélection officielle, nous sommes deux à choisir : Charlotte Garson, chargée de la programmation, et moi même. Nous disposons d'un réseau de contacts qui nous alertent sur ce qui se fait ici ou là. Pour cette année, on aura vu 550 films afin d'en sélectionner 10 pour la compétition. Il n'y a pas de critères : il faut que ces films nous paraissent significatifs du point de vue du cinéma contemporain, et qu'ils aient une composition artistique singulière. On n'est pas forcément dans le coup de cÅ“ur. L'originalité, cette année, c'est que les films qui sont en compétition sont quasi-exclusivement des premiers et seconds films, donc des films de très jeunes cinéastes. Le plus jeune de la sélection a 26 ans et le plus âgé a à peine 40 ans.

Quelles sont les grandes lignes de cette 33e édition ?

J.B. : Cette année en plus de la sélection, on a un beau programme, qu'on a mis un an et demi à réaliser pour un hommage à la Nikkatsu, la doyenne des majors japonaises. On va projeter 26 films qui retracent un peu l'historique de ce studio, dont 16 qui n'ont jamais été montrés hors du Japon. Ce sont de vraies trouvailles !

On rend aussi hommage à un grand nom du cinéma mexicain, Arturo Ripstein, qui est probablement le cinéaste mexicain le plus connu au monde. Ses œuvres ne sont plus sur les écrans depuis des années, d'où la tentation de lui rendre hommage. On va montrer dix films, dont son dernier.

Nous ferons honneur aussi à Mani Kaul, un cinéaste indien de première importance qui est décédé cet été. Il est peu connu, à la marge du cinéma mondial. Or, c'est un des cinéastes qui, du point de vue de sa recherche et de l'originalité de sa production, est très significatif de la production de l'Inde de ces 30 dernières années.

Un fil rouge du festival est la « figure du héros». Neuf films issus des 3 continents concernés par notre manifestation s'emparent en effet des destins héroïques, sur fond d'épopées et de mythologies.

Quelle est la réception du festival auprès du public ? 

J.B. : Le festival souffre un peu de cette réputation de cinéphile aguerri. C'est faux, à mon avis tous les films sont accessibles à tout le monde ! Figure du héros, Nikkatsu avec des films de sabres et de yakuzas ou même certains films de Ripstein… en fait la programmation est très ouverte. Et j'en veux pour preuve qu'on propose aussi un film avec Bruce Lee, Opération dragon. Chacun peut y trouver matière à satisfaction et passer ensuite à des choses un peu plus marginales ou moins connues. Le cinéma est un art populaire, donc pourquoi ne pas les inciter à visionner davantage de films hors des circuits habituels ?

Julie Urvoy, Nantes France

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Julie Urvoy
Nantes, France

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