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Afrique du Sud  | 

Manque de coopération pour la coopérative

Manque de coopération pour la coopérative
Antoine Le Roux, Array
Reportages photo | Publié le 14.12.2010 Nous sommes partis cet été en Afrique du Sud pour couvrir le pays en marge de la Coupe du Monde. Nos reportages nous ont menés dans les Bantoustans, ces anciens territoires indépendants où a été appliquée la politique d'apartheid.

C'est à Qwa-Qwa, dans le Free State à la frontière du Lesotho, que nous avons rencontré ces femmes. La coopérative qu'elles ont fondée n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était. Les hangars s'étendent sur des centaines de mètres carrés, nous laissant entrevoir le potentiel immense du lieu. Seulement, ils sont quasi déserts. Le cliquetis des machines qui tournent est à peine audible et les femmes encore présentes ne le sont plus que pour se donner une existence sociale, tant les commandes se font rares.

La venue de la Coupe du Monde aurait pu (aurait dû?) être synonyme de relance, mais rien n'est venu. La responsable de la coopérative est indignée quand elle nous explique que l'ensemble des coopératives de couturières du pays auraient largement pu produire les équipements textiles de la Coupe du Monde, alors que tout a été confectionné en Chine.

Le cercle vicieux démarre ici. Nos interlocutrices nous expriment leur surprise quant aux aides de solidarité internationales dont elles entendent parler à la télévision et à la radio, et dont elles ne voient jamais le moindre rand¹. Cette précieuse manne financière qui pourrait les soutenir dans leur entreprise et qui se perd certainement quelque part, mais où? On pourrait alors s'insurger et s'interroger sur l'immobilisme des bailleurs de fonds européens et internationaux. Mais la situation de l'Afrique du Sud est complexe.

D'une part, n'étant pas signataire des accords de Lomé et de Cotonou, elle ne peut bénéficier des aides du Fond européen de développement. D'autre part, l'Afrique du Sud, de par son statut de 1ère puissance économique d'Afrique (avec 40 % du PIB du continent africain) ne fait que très peu appel aux aides internationales comme celle de l'Aide publique au développement (APD).

C'est un des nœuds du problème, puisqu'en fonction des recommandations des Objectifs du millénaire et au nom de l'autonomisation des femmes, cette coopérative pourrait répondre à ces critères et de nouveau prospérer. Toute la difficulté étant de faire coïncider les déclarations sur l'aide internationale et leur effectivité. D'un côté, des femmes qui jettent des espérances sur une Europe absente du fait d'accords et de diplomatie qui les dépassent. De l'autre, des bailleurs européens et internationaux qui ont des possibilités d'aides financières considérables mais qui ne parviennent pas à mettre en œuvre les moyens de les utiliser de façon efficiente².

Ce regard sur l'Europe illustre le dysfonctionnement généralisé des institutions internationales sur la gestion de l'APD. Il nous laisse voir aussi la complexité des différents dirigeants sud-africains oscillants entre corruption et réelle volonté de développement.

1. Rand : monnaie officielle de l'Afrique du Sud.
2. Voir le rapport Aid Watch du réseau européen CONCORD.

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