Accueil Journal Europa | Formats | Magazines | #32 Février - Mars 2012



Chroniques Allemagne | $node.data_map.image_news.content La duplication monumentale

La notoriété peut être source d'imitation, les bâtisseurs l'ont bien compris. Le pastiche architectural consiste à reproduire plus ou moins fidèlement un édifice jugé suffisamment remarquable pour être dupliqué ailleurs dans le monde. Quelques spécimens de ce phénomène de doublure stylistique nous entourent comme l'Hôtel de ville de Munich, réplique de celui de Bruxelles. La somptueuse architecture civile gothique du XVe siècle de ce dernier ainsi que son enfilade de fastueux salons caractéristiques du style Louis XIV ont visiblement conquis les Allemands.
Autre exemple – et non des moindres – le château de la Belle au bois dormant du parc Disney a fait très fort en s'inspirant à la fois du château de Neuschwanstein, établi en Bavière, et de la Sainte-Chapelle de l'île de la Cité à Paris. Comme quoi, un petit patchwork et hop, c'est l'enchantement garanti.


16.02.2012  |  Marion Dano

Chroniques Royaume-Uni | $node.data_map.image_news.content Clichés de cliché

Martin Parr est photographe. Fasciné par les classes moyennes et leurs habitudes de consommation, il a consacré entre 1987 et 1994 une série de clichés à un personnage dont on aime beaucoup se moquer : le touriste. On l’aura compris, ce qui intéresse l’artiste n’est pas le monument, mais la foule qui s’y presse, avide de consommation culturelle. Affublés de chemises hawaïennes d’un goût douteux, exhibant fièrement leur coiffe d’Indien face au Grand Canyon, assaillis par les vendeurs de gri-gris en tous genres... Les touristes photographiés par Martin Parr sont tournés en ridicule. Le cadrage est approximatif, la mise au point floue, les sujets peu mis en valeur. Le photographe britannique réalise des clichés volontairement ratés, comme pris à la va-vite. Il aime se moquer de cette société qui a les moyens de visiter le monde entier et n’a pourtant aucune clé pour le comprendre ou, à défaut, le consommer avec goût.


16.02.2012  |  Mathilde Colas

Chroniques Bosnie-Herzégovine | $node.data_map.image_news.content L'imposture du kitsch

Pourquoi ne pas promouvoir un citoyen lambda au rang d’œuvre d'art ? Braco Dimitrijevic, artiste bosniaque, s'est posé la même question. Se jouant de l'histoire et des conventions artistiques, il s'est lancé dans une série de sculptures permettant à des personnes sélectionnées au hasard de passer à la postérité. Le concept est simple : les statues d’éminents artistes se retrouvent à côtoyer celles d'illustres inconnus, le tout fonctionnant par paire. S'ensuivent des commandes étranges telles ces deux bustes de bronze acquis par le Frac Pays de la Loire : Michel-Ange et Mario Orsini. De quoi s'interroger sur ce deuxième individu dont on n'a jamais entendu parler... Le dépoussiérage artistique peut aussi passer par la colorisation de statues célèbres à l'aide de peintures criardes comme l'Allemand Hans-Peter Feldmann avec son David de Michel-Ange revisité... un côté kitsch plutôt hilarant !


16.02.2012  |  Marion Dano

Chroniques Royaume-Uni | $node.data_map.image_news.content Unis dans la ludd

Qu’ont en commun Luther Blisset, Ned Ludd, Sonja Brünzels ou Jean-Baptiste Botul ? Ils sont tous, sorte d’auto-pastiches, des personnages collectifs. Tour à tour empruntés pour signer un livre, donner une interview ou appeler à un rassemblement, ces pseudonymes incarnent les causes qu’ils défendent. Si BHL a récemment redoré le botulisme, connaissez-vous l’origine du luddisme ?
à la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, l’ouvrier Ned Ludd a porté un puissant mouvement de contestation sociale. Mais le Captain Ludd était surtout une identité fictive endossée par des centaines de syndicalistes britanniques pour combattre le développement du travail mécanique dans l’industrie textile. Depuis, le luddisme incarne le symbole des protestations anarcho-primitivistes et anti-industrielles. Nom de guerre ou nom de scène, tout dépend du théâtre des opérations.


16.02.2012  |  Emmanuel Lemoine


Chroniques $node.data_map.image_news.content Un pastiche sinon rien

Fiction écrite par un fan, la fanfiction (ou fanfic) est un genre littéraire issu d’une sous-culture populaire dont le fanfiqueur – son auteur – est le roi. Il reprend l’univers d’une œuvre qu’il apprécie et la développe à sa guise. Tentative de définition d’une espèce en voie de reproduction :
Le fanfiqueur ne poursuit ni l’argent, ni la gloire. Il comble simplement sa frustration de voir son histoire favorite s’arrêter au bout du septième tome. Pour assouvir ses fantasmes, il écrit une suite ou un préquelle (ou encore antépisode), colmate les brèches du scénario ou envoie son héros dans le futur.
Le fanfiqueur est un être passionnel, dévoué corps et âme à son fandom (fan-domaine), c’est-à-dire à l’univers qu’il reprend. On compte ainsi plus d’un demi-million de fanfics tirés du Harry Potter de la britannique J.K. Rowling. La Potterfiction est même devenue un genre à part entière.

„ Pastiche du geek, la fanfic est l’expression de l’adoration du fan pour son maître .“

Le fanfiqueur est un brin lubrique. Dans son jargon, le PWP, abréviation de Plot? What Plot? ("Intrigue ? Quelle intrigue ?") est une fanfic courte dont l’intérêt repose essentiellement sur sa dimension pornographique ou érotique.
Un fanfiqueur agit rarement seul. La fanfic est un exercice communautaire. Forum, chat et wiki sont leurs outils quotidiens. Longtemps abonnés aux fanzines spécialisés, ces romanciers geeks ont depuis trouvé refuge sur la toile. Le site fanfiction.net est le plus fréquenté avec ses 2,6 millions de membres et ses textes traduits dans plus de 40 langues.


16.02.2012  |  David Thomas

Chroniques Hongrie | $node.data_map.image_news.content « Notre révolte est ici »

Pour empêcher la fuite de la jeunesse hongroise hors du pays, le très critiqué parti au pouvoir  (cf. Entre Vues p.18) vient de lancer la campagne ùj Nemzedék (“Nouvelle Génération”). La bande-annonce de cette campagne de séduction, une vidéo intitulée Minden ideköt (“Notre place est ici”), a récolté les foudres des jeunes du pays. L’histoire d’un jeune couple qui renonce à émigrer, prenant conscience de tout ce que la Hongrie a à offrir et vivant d’amour et d’eau-de-vie, donne l’image d’une population superficielle qui ne pense qu’à faire la fête. Mais derrière cette campagne se cachent de sévères mesures contre la fuite des nouveaux diplômés. La nouvelle génération hongroise appréciera...


16.02.2012  |  Mathilde Colas

Chroniques Bulgaria | $node.data_map.image_news.content In vino veritas

Le jour où presque toute l'Europe célèbre la Saint-Valentin, en Bulgarie, on rend hommage à Dionysos, dieu grec de la vigne et du vin, connu sous le nom de Trifon Zarezan.
Le 14 février, c'est la fête du vin et des vignerons dans ce pays de l’Est. Ce jour-là, les vignerons se rendent dans les champs, taillent la vigne et l'arrosent de vin. Mais qui est Saint Trifon ? Il s'agit d'un martyr, tué à l'épée en 248 sous le règne de l'empereur romain Trajan Dèce. Saint Trifon était originaire d’Apamia, en Asie Mineure, une région considérée comme l'un des berceaux de la vigne et de la culture du vin.
L’amour ou le vin ? Et pourquoi pas les deux à la fois !


16.02.2012  |  Valya Ivanova


Chroniques $node.data_map.image_news.content Symbolite grecque

Alpha : De sa graphie minuscule se dessine sa signification phénicienne originelle, bovine. Du son vocalique qui jaillira d'un coup de votre glotte vous déduirez la voyelle qui en naquit. Puis le sort habituel d’une lettre grecque : nom commun, adjectif, prénom même. Symbole surtout. Ambivalent. Le premier de tout : constellations, verbe divin, engins spatiaux, rayonnements radioactifs… Mais parfois privatif. De là, les dérivés communautaires catholiques, l’appellation perdue de l’International Space Station, le nom de l’élite du meilleur (des mondes), le canal transparent des graphistes libres... Ne s’étend jamais sans son acolyte : bêta.


20.02.2012  |  Lucie Aubin

Chroniques Ukraine | $node.data_map.image_news.content Une armée nomée désir

Tant que l'armée européenne n'existe pas, il vaut mieux bien choisir le pays pour lequel on s'engage. Car on peut constater que l'image des soldats dans les campagnes de recrutement est très variable. En France, il s'agit d'être formé dans un véritable métier, et, mieux encore, de « devenir soi-même ». En Finlande, vous ferez plutôt du sport pacifique dans la neige. Rien de plus, c'est promis. Le travail est paisible.
Mais l'Europe de l'Est a peut-être plus excitant à proposer. Dans un spot publicitaire ukrainien de 2007, les soldats sont montrés à leur avantage : les yeux plus bleus que dans Dune, accoudés à un gros tank, possédant de gros canons et entourés d'autres canons, féminins et pas farouches. Le rêve !


20.02.2012  |  Côme Tessier

Chroniques Hongrie | $node.data_map.image_news.content Un métro nommé désir

« Nous mettons la ville en mouvement », tel est le slogan de la BKV, la compagnie de transport en commun de Budapest. Forte d’un réseau de trois lignes de métro, la ville comptait continuer ce mouvement. C’était sans compter avec la crise ! Le projet de ligne 4 a été repoussé à 2014 alors que les travaux préparatoires avaient déjà commencé. La raison ? La BKV, gérée par la ville et l’État, est au bord du gouffre, et menace la ville de faillite : cette fois, les usagers ne seront pas pris en otages par les grèves…


20.02.2012  |  Pierre-Louis Garcia

Chroniques $node.data_map.image_news.content 2012: Année de tous les scrutins

- Janvier/Février : présidentielle finlandaise
- Mars : présidentielle russe
- Avril : élection des capitaines-régents de Saint-Marin
   présidentielle française
- Mai : élection régionale du Schleswig-Holstein, Allemagne
- Juin : législatives françaises
- Septembre : législatives autrichiennes
- Octobre : présidentielle slovène
   élection régionale aux Açores
   élection des capitaines-régents de Saint-Marin (tous les six mois !)
- Novembre : élections dans les agences de l'eau aux Pays-Bas

Source : electioneneurope.net


20.02.2012  |  Côme Tessier


Chroniques France | $node.data_map.image_news.content Journées porto verte

//Nantes, le Mans, St Nazaire, la Roche...
Cette année, la quinzaine culturelle du Centre culturel européen dure un mois et demi ! Et on ne s'en plaindra pas. Souvenez-vous, l’an dernier, nous étions ressortis tout « polonisés » de cette quinzaine européenne. Cette fois, c’est le pays de Vasco de Gama qui nous fait des œillades. Un florilège d’événements se succéderont dans toute la région avec comme fil conducteur la culture portugaise (littérature, cinéma, cuisine, musique, verrerie, photo, etc.). Et bande-dessinée, avec notamment Cyril Pedrosa, qui exposera les planches de son dernier ouvrage Portugal, durant tout le mois de mars. Vous voulez le voir en chair et en os ? Il sera à la médiathèque Jacques Demy le 9 mars pour une rencontre avec ses lecteurs... Desfrute !
Festival / du 23 février au 31 mars / dans tout le grand ouest /
cce-nantes.eu


20.02.2012  |  Coraline Vergeade

Chroniques France | $node.data_map.image_news.content My little factory

//la Roche-sur-Yon
Elles sont danoises. Elles ne s'en cachent pas. Elles ont un CV plus qu'honorable, avec notamment une membre de Trentemøller et une sœur des Raveonnettes. Mais elles se chargent de le faire oublier avec Giana Factory. Sous ce nom, elles inventent une forme, proche d'un Bat For Lashes à trois voix. Tout comme l'Anglaise, leur musique est empreinte d'onirisme et de nature, de pop et d'électronique. Elle est une évocation subtile des froideurs nordiques, qui prend tout son charme sur scène. Ces « rainbow girl(s) » y réunissent alors les éléments d'harmonie, entre mise en scène au cordeau et projections évocatrices, qui rejettent un peu plus loin l'obscurité. Autrement dit, le concert du Fuzz'yon sera une belle leçon sur l'amitié, ou la beauté, que ne renierait pas Twilight Sparkle.
Concert / 28 Mars / Fuzz'Yon / La Roche-sur-Yon / gianafactory.dk


20.02.2012  |  Côme Tessier

Chroniques France | $node.data_map.image_news.content Chez Ernesto

//Rezé
Ernesto Sartori n’est plus un étranger à Nantes. Cet Italien de 28 ans, originaire de Vicence – cité du nord de l’Italie dont l’architecture a été remarquée par l’Unesco – pose ses bagages en 2002 dans la cité des ducs de Bretagne. Il y fréquente l’école des Beaux-arts et décroche le Prix de la Ville de Nantes en 2008.
Invité pour un mois par l’association Tripode, Ernesto Sartori investit la galerie de l’Espace Diderot de Rezé avec ses constructions périlleuses faites de bois aux angles et aux inclinaisons aussi géométriques que fantaisistes.
Il joue – c’est le mot – sur les pentes, les formes, les surfaces et propose sa vision du lieu qu’il fait sien et qu’il rend praticable aux visiteurs. Un nouveau monde architectural imaginé par l’artiste transalpin, cubiste, triangulaire, rond et pictural aussi, qui aiguise et transcende le réel.

Exposition / du 8 février au 3 mars / Tripode - Espace Diderot / tripode.fr


20.02.2012  |  David Thomas


Chroniques France | $node.data_map.image_news.content Révélé par ses pairs

//Mamers
Pour les passionnés de cinéma, le rendez-vous à ne pas manquer en mars se trouve à Mamers, une petite commune de 6 000 habitants, à 50 km du Mans. Depuis 22 ans, le festival Mamers en Mars accueille plusieurs longs et courts métrages européens inédits, et permet au public de découvrir de nouveaux talents. Un jury de professionnels du cinéma récompensera les acteurs et réalisateurs de demain lors de la cérémonie de clôture. Plusieurs jeunes talents y ont fait leurs preuves, avant d’être révélés par la critique. En 1993, le festival a ainsi récompensé Métisse de Mathieu Kassovitz, lorsque le réalisateur était encore inconnu du grand public. Mamers en Mars c'est aussi l’occasion pour les professionnels et amateurs de cinéma d’échanger dans une atmosphère conviviale, loin des clichés cannois.

Festival de cinéma / du 23 mars au 3 avril / dans toute la Sarthe /
mamers-en-mars.com


20.02.2012  |  Mathilde Colas

Chroniques France | $node.data_map.image_news.content Imaginer l'après-pétrole

//Nantes
La fin du pétrole, et plus généralement de l'énergie bon marché, se rapproche. Les dérèglements climatiques menacent. Faut-il désespérer, vu la lenteur de la prise de conscience des pouvoirs publics face à ces problèmes ? Ce n'est pas l'avis de citoyens toujours plus nombreux, qui expérimentent collectivement des solutions alternatives, comme les Amap, les monnaies locales, etc.
L'Anglais Rob Hopkins a analysé la dépendance de nos sociétés à l'or noir, et en a conceptualisé une méthode de "désintoxication", proposant une transition vers un mode de vie plus sobre en énergie.

"réduire l'impact environnemental en recréant de la convivialité"

En 2006, il invita les habitant-e-s de la ville de Totnes à s'emparer du projet, et à réduire leur impact environnemental tout en recréant de la convivialité. Depuis, près de mille territoires, dont la moitié en Europe, se sont engagés de manière citoyenne dans le processus de la Transition (d'après le site transitionnetwork.org).
Créée début 2011, l'association Nantes En Transition mène de front sensibilisation du grand public et développement d'initiatives concrètes. Début mars, l'association organisera une conférence « Un avenir sans pétrole »  de Benoît Thévard, spécialiste de l'après-pétrole, ainsi qu'un « village transitionnel » dans le quartier Bellamy - Île de Versailles.

Conférence / le 2 mars / Université de Nantes
Village transitionnel / le 4 mars / à Nantes
 


20.02.2012  |  Rémi Donaint