Les premiers documentaires
Depuis quatre ans le FIDE accueille ainsi des films de tous les coins du monde et est devenu l’un des rares festivals qui peut se vanter de donner leur chance aux débutants, ceux que la télé et les distributeurs boudent généralement et que le large public ignore. Le festival se déroule en novembre dans les locaux de Commune Image à Saint-Ouen, cinéma art et essai et centre d’audiovisuel qui héberge plusieurs sociétés de productions. Le lieu est aussi doté d’un bar très convivial, où pendant les trois soirées du festival différents musiciens viennent rajouter à l’ambiance une volupté sonore. Une bonne occasion pour les jeunes cinéastes d’échanger des contacts et surtout des idées autour de quelques verres de vin bio.
Créer de manière novatrice
Le documentaire de création que défend le festival est un moyen de voir le monde et de penser l’altérité, la diversité, de manière novatrice. Il se différencie de la simplicité des reportages en mettant en avant le point de vue d’auteurs singuliers qui habitent chaque image, chaque plan de leurs œuvres. Ces créations contribuent aussi à l’innovation audiovisuelle et permettent d’amener le spectateur à des propositions formelles inhabituelles. Malheureusement en Europe les modes de diffusion et de production de ce cinéma ne lui permettent pas de toucher un large public. En fait la télévision et les cinémas ne diffusent que peu de documentaires de création. C’est pour cette raison que les festivals jouent un rôle primordial pour faire connaître ces films.
Expositions et concerts
Chaque année le festival essaie d’enrichir sa programmation en s’ouvrant à d’autres pratiques artistiques, telles que les expositions photo ou les concerts. Ainsi le parrain du festival, Claudio Pazienza, très reconnu dans le documentaire en Europe, avait ouvert l’édition précédente en cuisinant des pâtes à l’italienne pour tous les festivaliers. La nouveauté de cette année fut la création d’une performance théâtrale par des étudiants en littérature et théâtre, inspirée par l’un des films de la programmation.
Projets associatifs
Le FIDE est organisé par l’association Les Impatientes, fondée il y a quatre ans par des étudiants en cinéma ou arts plastiques de l’Université de Paris 8 Saint-Denis-Vincennes. Aujourd’hui elle compte une dizaine de personnes qui participent à divers projets tout au long de l’année, tels que des ateliers vidéo pour enfants et adolescents, des projections de documentaires, et bien évidemment le festival, qui constitue l’initiative majeure. L’association est très ancrée dans la vie culturelle des banlieues nord de Paris, surtout à Aubervilliers, mais aussi à Saint-Ouen et à Saint-Denis. Après le festival, Les Impatientes organise des projections satellites où sont diffusés à nouveaux certains films de la programmation, fournissant ainsi un accompagnement aux films tout au long de l’année. Ces projections se font dans d'autres quartiers ou villes selon les propositions des divers acteurs culturels.