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ITA Coproduire l'Europe

Alessandro Gropplero
Alessandro Gropplero_dossier ciné européen


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Face à face | Publié le 14.12.2011 ITA D'un côté, les vieilles industries cinématographiques de l'Ouest, de l'autre les cinémas émergents de l'Est. Entre les deux, y a-t-il un cinéma véritablement européen ? La coproduction internationale est une partie de la réponse. Elle a connu son âge d'or en Europe des années 50 aux années 70 autour du triumvirat Espagne, France, Italie. Aujourd'hui de nouvelles passerelles s'érigent.

ITA Alessandro Gropplero a d'abord été assistant de production pour le cinéma indépendant italien. Depuis 5 ans, il est à la tête des rencontres de coproduction cinématographique When East Meets West ("Quand l'Est rencontre l'Ouest"), organisé par le fonds audiovisuel Frioul-Vénétie julienne

Europa : Pourquoi ce pont entre les pays d'Europe de l'Est et d'Europe de l'Ouest dans la coproduction de films ?

Alessandro Gropplero : Aujourd'hui notre fonds audiovisuel est implanté dans le Frioul-Vénétie julienne, région qui longe la frontière au nord-est de l'Italie. Depuis le début nous avions des liens avec les industries cinématographiques de Slovénie, Croatie et Autriche. Du fait de notre position, nous pensions que nous devions renforcer et encourager les liens entre l'Est et l'Ouest. Dans notre cas, cette coopération a porté ses fruits.

Quelle est la place du cinéma de l'Est dans le système de coproduction européen ?

AG : Nous pensons vraiment que le cinéma est-européen, particulièrement celui de la nouvelle génération, a beaucoup d'histoires à partager et à raconter à un public plus large. Ces derniers temps, de nombreux films en provenance d'Europe de l'Est ont été primés dans les principaux festivals européens et même au-delà. Cette contribution créative des pays de l'Est peut vraiment aider à inventer de nouvelles histoires. D'un point de vue industriel, il y a un besoin réel de travailler ensemble.

Quelle est votre opinion sur le marché européen du cinéma et plus spécifiquement sur la création cinématographique ?

AG : Nous travaillons tous dans cette direction grâce au programme Media et à Eurimages1. Nous travaillons à une cinématographie européenne plus forte, pas seulement dans notre pays d'origine mais aussi à l'étranger.   C'est pour cela que nous, le fonds audiovisuel FVG, avons un autre programme pour jeter de nouveaux ponts entre l'Europe et l'Asie. Il se nomme Ties that Bind ("Ces liens qui nous unissent"), c'est un atelier de travail en commun pour producteurs d'Europe et d'Asie. Cela a pour objectif d'encourager les collaborations intercontinentales dans de nouveaux projets et de favoriser l'émergence de ce nouveau marché international.

Lors de votre dernier festival, vous hébergiez un projet bulgare appelé Getting to Sofia ("Aller à Sofia") de Kaboal  Pictures. Quelles sont les perspectives du cinéma de Bulgarie en Europe ?

AG : Le projet que nous avons sélectionné en Bulgarie était bon, à la fois l'idée et le sujet. C'était parfait pour une coproduction, parce que cela mobilisait énergiquement d'autres pays. Du point de vue des institutions bulgares, c'est un grand changement car dans le même temps le Centre national du film bulgare est le théâtre de grandes évolutions. Pour l'instant, nous attendons l'apport de ces institutions publiques et leur soutien financier. Nous espérons que la prochaine édition de notre festival, en janvier, nous aidera à savoir, si nos partenaires bulgares sont prêts à soutenir des coproductions internationales, couplées à des productions locales dans le but d'être compétitifs sur le marché international du film.

Plusieurs voix en Europe se sont alarmées sur l'avenir incertain du programme Media, du fait de la crise économique. Qu'en pensez-vous ?

AG : Je pense que le futur de la cinématographie en Europe est lié au programme Media. Nous pensons tous que Media est le principal programme de soutien au cinéma, la principale source de financement pour des contenus créatifs et de nouvelles collaborations. Donc il est important, non seulement que ce programme perdure, mais qu'il soit encore plus puissant et viable d'un point de vue financier.

1. Fonds du Conseil de l'Europe pour la coproduction, la distribution et l'exploitation de films européens, créé en 1989.
Victor Fenes Vacas, Barcelone Espagne

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Victor Fenes Vacas
Barcelone, Espagne

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