Accueil Journal Europa | Formats | Dossiers | Money for nothing | Aujourd'hui encore

Aujourd'hui encore

Apathy's resist (Crédit: Zen Cc)Apathy's resist (Crédit: Zen Cc)
Articles | Publié le 09.02.2010 Le communisme résiste sous les formes les plus insolites. Voici quelques exemples...

Promotion du sport

Dans le système communiste, le sport était accessible à tous, moyennant une somme modique. L'État soutenait l'activité sportive. En même temps, le sport de compétition était un moyen de voyager à l'étranger, ainsi il était très populaire chez les jeunes. Aujourd'hui, dans les pays de l'ancien bloc soviétique, l'État soutient encore l'élitisme sportif. Dans certains établissements publics l'accès aux activités sportives est gratuit : natation, gymnastique, sports de balles, etc.

Zone de libre-échange non-marchand

Si l'idéologie communiste se base sur l'abolition de la propriété privée, alors le mouvement des logiciels libres, et en particuliers les licences Creative Commons (CC), pourraient bien s'en revendiquer comme digne héritier. Né en partie grâce à l'informaticien Richard Stallman, ils se développent dans l'idée d'un partage collectif des biens et des savoirs, pour que chacun apporte des améliorations profitables à tous.

Les licences CC permettent d'appliquer un droit d'auteur gratuit et reconnu pour une œuvre tout en cadrant les conditions de réutilisation et de sa distribution (paternité, usage non-commercial, sans modification...). Le CC est avant tout une philosophie du libre-partage des connaissances, qui souhaite s'étendre au-delà de la communauté informatique et permettre un partage collectif et une meilleure réappropriation des savoirs dans le domaine scientifique, de la musique, de la littérature, etc.

Le partage de fichiers de pair à pair fonctionne sur la même base de mise en commun de données, et ce pour profiter à tous. à la différence notoire qu'il n'y a plus besoin d'un serveur central, à l'instar d'un parti unique, dans le fonctionnement pour que les membres du réseau communiquent et s'échangent des fichiers.

Le socialisme d'en bas, pas le socialisme d'État! 

Le mouvement coopératif trouve ses origines dans le socialisme utopiste du début du XIXe siècle, bien avant le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels. Le caractère politique des coopératives a toujours fait débat et l'on distingue plutôt leurs domaines d'intervention : agriculture, consommation, crédit, production... Pourtant le but poursuivi est toujours le même : édifier «une forteresse pour bombarder la société capitaliste à coups de pommes de terre et de pains de livres» comme l'énonçait le belge Anseele, un des fondateurs du projet coopérateur dans les années 1880. Le ver dans le fruit, le loup dans la bergerie en somme. Au sein de l'Union européenne, on dénombre aujourd'hui environ 300 000 sociétés coopératives et près de 140 millions de citoyens qui en sont membres.

Irréductibles Chypriotes

Nous sommes en 2011, toute l'Union européenne est dirigée par des capitalistes… Toute ? Non ! Car une île peuplée d'irréductibles communistes résiste encore et toujours au capitalisme. La République de Chypre, ses 780 500 habitants, sa superficie proche de celle de la Corse… et son pouvoir communiste. Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) et son poing auréolé d'un marteau, dominent la scène politique chypriote depuis une décennie (34,9% aux élections européennes de 2009, plus de sept fois le score moyen des partis communistes en Europe). Le président Dimitris Christofias, est le seul chef d'État communiste au sein de l'UE. Lors de leur XXIe congrès en novembre dernier, les communistes chypriotes ont fait à nouveau acte de foi : «Notre mouvement progressiste continue sa lutte malgré l'adversité née de la dissolution de l'Union soviétique et de la communauté des États socialistes d'Europe».

Emmanuel Lemoine, Nantes France ;  Thibault Dumas, Paris France ;  Linda Krajcsó, Budapest Hongrie