Sur la route des festivals
HMD est un duo formé de Felipe L. Navarro et Cristina Llamas. Tout débute à Alicante en 2008, mais depuis, les deux amis ont chacun habité dans différents pays d’Europe, dont la Pologne et la Slovaquie. “Safe in the dark” est un cocktail d’influences électroniques, rock et pop, que Cristina et Felipe ont traduit dans leur propre langage musical. La nostalgie se mélange au rêve dans la lumière obscure, et nous transporte dans leur univers.
Interview de Felipe El Navarro pour HMD, Jeudi 7 juin 2012, par Julie Boénec, Brest.
Origines :
Avant de commencer à parler de ton groupe HMD, raconte-moi un peu plus sur toi-même, et comment en es-tu venu à la musique électronique ?
Felipe L. Navarro : Bien que je m'intéresse à la musique depuis mon enfance, j’ai commencé à bidouiller des ordinateurs et tester des sons avec des logiciels de M.A.O. quand j’avais quatorze ans. Depuis, la technologie a bien changé, alors tu imagines bien qu’au début ce n’était pas fameux !
Depuis combien de temps vous connaissez-vous, Cristina et toi ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Quand avez-vous décidé de créer HMD, et que veulent dire ces lettres ?
F : En 2008, Cristina et moi jouions ensemble dans un groupe de rock appelé le Puzzle, et du fait de notre intérêt commun pour la musique électronique, nous avons commencé à créer nos propres sons sous le nom d’HMD.
L’acronyme vient d’un dispositif d’immersion en réalité virtuelle : Head-Mounted Display. Lorsque que nous avons commencé à composer, nous voulions que notre musique soit elle aussi une sorte d’expérience non-réelle, qui vous transporte dans un monde parallèle.
Quels sont vos instruments de musique de prédilection ?
Quel matériel avez-vous utilisé pour enregistrer HMD ?
Quand nous avons commencé nos propres morceaux, je jouais la guitare, et Cristina la basse. Ensuite nous nous sommes de plus en plus tournés vers les synthétiseurs et les platines. Pour l’album « Safe in the dark », nous avons principalement utilisé des ordinateurs, des synthétiseurs et nos voix.
Quoiqu’il en soit, je ne suis pas musicien à me focaliser sur un instrument ou une technologie en particulier. Je crois en les idées elles-mêmes, et tous les moyens pour les réaliser.
Quelles sont vos occupations et dehors de la musique, est-ce que cela interfère avec votre travail ?
F : Nous sommes tous les deux à la fin de notre cursus universitaire. Dernièrement, je me suis beaucoup intéressé pour les medias interactifs, et l’encodage créatif. J’ai développé avec Marte Roel et Carles Gutiérrez (deux doctorant de l’université Pompeu Fabra à Barcelone) une plate-forme interactive transformant les mouvements en musique.
Qui de vous deux écrit les textes, la musique ?
Ecrivez-vous d’abord la musique ou les paroles ?
F : La composition et l’écriture des paroles de nos chansons résultent d’un processus plutôt expérimental et original. Nous partons d’une simple phrase musicale, créé par l’un ou l’autre.
Nous vivons habituellement dans des villes, voire des pays éloignés. Nous échangeons nos idées par e-mail, et commençons ainsi à développer ces samples en de véritables morceaux. Les paroles suivent. Ensuite vient le moment de redécouper, ajouter, enlever, réécrire et ciseler nos chansons jusqu’à ce que nous en soyons fiers.
Quelles sont vos influences musicales ?
F : Nos principales références sont les Chemical Brothers, Ladytron ou Kraftwerk. Néanmoins, dans nos dernières compositions, on peut sentir l’influence de Delorean, Santigold, et même un peu de soul music.
Pourquoi cela vous as-t-il pris tant de temps pour signer ce premier album?
La maturation du notre album a été lente et délicate. Certaines chansons étaient vieilles de cinq mois, d’autres avaient déjà trois ans lorsque nous avons commencé à enregistrer.
D’une manière globale, la création a duré trois ans, temps durant lequel nous avons exploré de nombreuses possibilités, en nous cherchant l’un l’autre et en essayant d’accorder nos violons sur le projet, notre musique, et partager sur notre vision du monde en général, toujours dans le but de ciseler nos sons d’une manière créative et hors norme.
Avez-vous des partenaires, des financements ?
F : Pour l’instant, notre projet ne nous coûte rien. Nous avons utilisé notre propre matériel pour y arriver, petit à petit.
Quelle a été la partie la plus dure dans la production de cet album ?
F : Le plus dur a été de choisir un premier panel de chansons qui représentait le mieux notre travail, et notre feeling quand nous composions ensemble. Ensuite nous y avons ajouté celles qui partageaient la même identité musicale.
Un duo pas comme les autres :
Quel public ciblez-vous, où vous situez-vous en terme de style musical ?
F: Nous n’avions pas vraiment en tête de cibler un public en particulier. Mais je dirais que pour entrer dans notre univers, il faut être curieux de sons nouveaux, et bien sûr aimer la musique électronique et la pop.
Est-ce que c’est le genre de musique qu’on écoute à Barcelone ou en Espagne de manière générale ?
F : Je ne pense pas que ce soit un style de musique plébiscité en Espagne, vu que le non-mainstream, l’Underground ou l’Indie sont souvent orientés rock. En ce qui concerne la musique électronique en général, la figure du DJ est populaire, mais pas forcément un duo de notre genre, jouant de la pop électro, du synthpop, et d’autre type de sons comme on peut communément entendre au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.
Pourquoi chanter en anglais, et non pas en espagnol?
F : L’anglais s’est naturellement imposé, du fait de la musicalité de la langue et de nos influences artistiques. Bien entendu, nous ne fermons pas du tout la porte à l’espagnol, c’est juste venu comme ça !
Parlons futur :
Des projets pour l’avenir, comptez-vous monter sur scène, prendre la route des festivals ?
F : Nous préparons actuellement nos playlists de scène, même si nous hésitons encore sur les morceaux à choisir. Faire de la scène et expérimenter notre musique sur des festivals fait partie du plan !
Nous comptons démarrer en septembre prochain, d’abord dans des ambiances intimistes, et pourquoi pas nous orienter au fur et à mesure vers des festivals en 2013.
Si vous deviez faire la première partie d’un artiste, qui choisiriez-vous ?
F : Cristina choisirait Knife of Fever Ray, et pour ma part Aphex Twin. D’un commun accord, nos coeurs iraient à Massive Attack.
Maintenant que ce premier album est fini et diffusé sur Spotify, est-ce qu’il est envisagé de passer au CD ? Est-ce que vous avez des commentaires positifs de vos visiteurs ?
F : Notre album est terminé depuis septembre 2011, et cela nous a pris beaucoup de temps de le mettre en ligne sur Spotify. C’est une plate-forme intéressante pour faire la promotion de notre album, et permet au public d’avoir à disposition différentes variantes de notre travail. Il est très facile de partager des morceaux, ou de tomber au hasard sur des nouveaux groupes.
Pour l’instant, le retour est plutôt positif. En plus de cela, nous avons reçu des critiques constructives et nombre de remarques qui nous seront très utiles pour le futur.
Nous n’envisageons pas de passer ensuite à une production de CD, vu que le format tend à s’estomper face au Mp3, et nous somme de la « génération virtuelle ».
Felipe, étant donné que tu fais de la vidéo, est-ce que tu prépares un clip pour certains morceaux ?
F : Nous n’avons pas encore clairement défini les choses, mais il est sûr que nous aimerions en faire pour quelques uns de nos titres. Peut-être que cet été, nous arriverons à nous retrouver avec Cristina pour en monter un, ce serait le moment ou jamais !
Est-ce qu’un nouvel album est en route ?
F : Pas de nouvel album en ligne de mire : nous concentrons toute notre énergie dans la préparation de nos concerts !