//Chroniques
La duplication monumentale
La notoriété peut être source d'imitation, les bâtisseurs l'ont bien compris. Le pastiche architectural consiste à reproduire plus ou moins fidèlement un édifice jugé suffisamment remarquable pour être dupliqué ailleurs dans le monde. Quelques spécimens de ce phénomène de doublure stylistique nous entourent comme l'Hôtel de ville de Munich, réplique de celui de Bruxelles. La somptueuse architecture civile gothique du XVe siècle de ce dernier ainsi que son enfilade de fastueux salons caractéristiques du style Louis XIV ont visiblement conquis les Allemands.
Autre exemple – et non des moindres – le château de la Belle au bois dormant du parc Disney a fait très fort en s'inspirant à la fois du château de Neuschwanstein, établi en Bavière, et de la Sainte-Chapelle de l'île de la Cité à Paris. Comme quoi, un petit patchwork et hop, c'est l'enchantement garanti.
16.02.2012 |
Berlin Calling
Berlin : patchwork culturel, mélange artistique, entremêlement social, chaos historique et hybridation architecturale. Les termes de la “confusion” qui règne dans la capitale allemande pourraient s'accumuler, encore et encore. Pourquoi existe-t-il un mélange si propre à cette ville ? L'exposition Berlin, dans tes marges en apporte une réponse. La démarche de Sed Ocyan évoque l'emploi des “marges vides”, comme il les qualifie, en tant que vecteur d'une dynamique créatrice.
Berlin ne reconstruit pas tout à fait. Elle adapte. Elle modifie ces marges pour se les réapproprier, comme le gigantesque aéroport Tempelhof devenu un parc de centre-ville “comme un autre”. L'exposition elle-même a été conçue comme une petite balade berlinoise à la croisée des marges. Le visiteur se laisse guider par trois personnages emblématiques de la capitale allemande.
Les salles ont été agencées avec l'aide de l'architecte Joana Pyk. Les oeuvres exposées sont de véritables miroirs de la ville, par l'usage du collage, du mélange et du croisement des graphismes et des techniques. Ainsi, à chaque niveau, l'exposition Berlin, dans tes marges vise à transmettre la spécificité du Berliner, ce beignet qui emploie le vide pour y glisser le goût.
Expo / du 8 décembre au 24 janvier / à la Maison de l'Europe à Nantes
16.12.2011 |
Free style
Open Frequency est une vitrine mensuelle d'artistes contemporains choisis à travers le Royaume-Uni par les conservateurs et les écrivains, offrant une perspective large sur la pratique de l'art contemporain.
Toby Paterson vit et travaille à Glasgow, où il a étudié l'art, avant de poursuivre à l'Art Institute de Chicago. Il a remporté le prix Becks Futures en 2002 et a depuis exposé à Glasgow, Londres et Paris.
L’artiste travaille dans une variété de formes. Il s’inspire de l'architecture d'après-guerre pour réaliser de grandes peintures représentant des murs.
L’intérêt de Paterson pour les structures architecturales vient de sa pratique du skateboard autour de bâtiments désaffectés. Il parcourt les villes et les bâtiments comme des micro-univers qu’il exploite dans ses peintures.
Expo / du 28 janvier au 25 avril / au Grand Café de Saint-Nazaire
16.12.2011 |
Suivre la deviation
Le hacking pourrait être traduit en français par une périphrase comme “mettre les mains dans le cambouis” ou “aller sous le capot”. Loin du pirate informatique poussé par une volonté destructrice, le hacker est un homme qui détourne les choses pour en tirer un nouvel usage et de nouvelles performances.
Du hacking est née une philosophie de mise en commun, à la fois comme utilisateur et créateur, qui continue de se construire, pas après pas.
Dans cette optique, à l'aide d'un Hackbus itinérant, l'Autrichien Moritz Bartl programme en 2012 un tour d'Europe de six mois minimum, pour rendre visite à ces “détourneurs”.
Il s'arrêtera ainsi à Rennes quatre jours durant. L'objectif final est d'offrir une documentation réflexive au mouvement, de promouvoir la culture du libre et finalement d'aboutir à créer lui-même un “espace dédié au détournement”.
Hackbus / du 1er au 4 février / au Jardin Moderne // Rennes
16.12.2011 |
Le temps passe
Tout s’accélère, il faut aller vite, rationaliser ses mouvements pour rester dans les clous. On obéit au temps, on tente vainement de le contrôler mais lui semble imperturbable, insensible à l’action de l’homme. Comment mesurer le temps qui dicte nos quotidiens ? Comment se situer dans une nature en perpétuel mouvement ? Ces préoccupations modernes inspirent les artistes exposés à l’Espal le temps de l’exposition Tout s’écoule, rien ne reste tel. En peintures, sculptures, photographies, vidéos et autres installations, une trentaine d’oeuvres d’artistes européens sorties de la collection du Frac des Pays de la Loire explorent ces thématiques. Autant de manières de questionner le célèbre adage grec ta panta rei ("tout passe") au fil d’un parcours spatial et donc forcément temporel.
Expo / du 13 janvier au 30 mars / à l’Espal // Le Mans
14.12.2011 |
Famille de Cuistots
Hollie Cook est née à Londres dans une famille pas tout à fait comme les autres. Son paternel, Paul Cook, n’est autre que le batteur des irrévérencieux Sex Pistols et sa mère, Jennie Matthias, membre de la première mouture du groupe de Boy George Culture Club (Do you really want to hurt me !) et surtout chanteuse du girls band de ska anglais très 80’s The Belle Stars. Une histoire de famille qui conduit pourtant Hollie Cook sur la route du reggae : « avoir des parents punk, ça n’aide pas à se rebeller ». Peu importe, la révolte attendra. Hollie Cook préfère prendre la route et jouer son reggae solaire, « tropical » comme elle le qualifie. Entre Londres et Kingston, la chanteuse concocte une savoureuse recette à base de groove oldies, relevée de dub et légèrement arrosée de pop anglaise. Dégustation au Chabada, à Angers.
Concert / Hollie Cook feat. Horseman / le 15 février / au Chabada // Angers
14.12.2011 |
Le bake dans le guidon
Le vélo en Slovaquie est trop souvent considéré comme un sport et non comme un moyen de transport. L'association Archimera a monté le projet Bake, trajet cyclo-culturel Bratislava-Košice. L'objectif : relier Košice, capitale européenne de la culture en 2013, à la capitale slovaque Bratislava. Des visites culturelles sont prévues dans chaque ville sur la route, pour faire du vélo un peu plus qu'un objet sportif.
biketheculture.eu
14.12.2011 |
Symbolite grecque
Lambda : dérivée grecque du phénicien lamedh, ancêtre de notre liquide préférée (L), symbole de qui cherche sa longueur d'onde, sa conductivité molaire, sa décroissance radioactive... Mais aussi signature LGBT, complexe des franc-tireurs de Half-Life, épisème spartiate, point critique pour l'hélium liquide et culminantd e l'os occipital, modèle adulé de Lancia, prédateur d' Escherichia coli... Banal. Compatible -tique, -oïde, -cisme selon l'acception. Antonyme : alpha.
14.12.2011 |
Devenir parent en plein mandat politique implique de faire des choix. En 2008, l'Espagnole Carme Chacón a choisi de prendre six semaines de congé maternité avant de retrouver son poste de ministre de la Défense. À peine élu premier ministre britannique, David Cameron a pris 15 jours de congé pour la naissance de sa fille en 2010. La même année, deux ministres norvégiens, Knut Storberget et Audun Lysbakken, ont pris des congés paternité de 3 et 4mois. « J’avais envie de passer du temps avec mon bébé, explique le second, et de montrer que le travail,aussi important soit-il, ne justifie pas que l’on se dérobe à ses responsabilités familiales. » Mais on peut aussi entretenir le mythe de l'homme providentiel et indispensable, et continuer les allers-retours à Francfort ou Bruxelles, quitte à manquer la naissance de sa fille, et ne passer la voir qu'en coup de vent les premiers jours de sa vie. C'est visiblement cette deuxième option qu'a choisie le président français.
12.12.2011 |
Bourrage d'urne
Russie unie, le parti au pouvoir en Russie, relève le débat démocratique dans un spot télévisé censé inciter les Russes à voter aux élections législatives du 4 décembre. Sur fond de musique techno, une citoyenne mannequin est aguichée au bureau de vote par un citoyen-mannequin. Le rideau de l'isoloir tiré, ils accomplissent leur devoir de citoyen tout en jetant leurs vêtements au sol. « Faisons le ensemble ! » est le slogan de cette campagne publicitaire critiquée par l'opposition. En plus d'être relativement grossière, elle malmène l'un des premiers principes démocratiques : le vote à bulletin secret.
12.12.2011 |